Le livret A dégradé par le gouvernement

Les Mots ont Un Sens – 16 janvier 2012 par napakatbra
Le gouvernement vient de refuser la hausse du taux du livret A, pourtant prévue par la loi. Un joli cadeau de 500 millions d’euros qu’il s’offre à lui-même, ainsi qu’aux banques et aux compagnies d’assurance… aux frais des épargnants !
Taux d'intérêt du livret A
La loi impose une revalorisation bisannuelle du taux de rémunération du livret A. Celui-ci étant calculé en fonction d’une formule savante et bien précise, corrélée à la fellation l’inflation, il aurait dû être mécaniquement augmenté à 2.75% à la fin du mois. Las, il ne bougera pas, scotché à 2.25%. Et hop, 530 millions de perdus pour les épargnants. Et plus de 700 millions si l’on y ajoute les livrets bleus. Pas de « A », pas de chocolat…
La Banque de France dirigée au doigt mouillé
Mais pourquoi donc le gouvernement a-t-il décidé de trancher dans les bourses des épargnants ? Parce que c’était la recommandation du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Et pourquoi donc ? C’est là que ça devient franchement drôle : « parce que ça ne servirait à rien que le taux augmente légèrement pour rebaisser immédiatement ensuite« . Mais c’est bien sûr ! A quoi bon boire un coup si c’est pour avoir soif 10 minutes après ? Et en plus, ça réduit les risques de se… noyer, dans le verre d’eau. Problème : selon la plupart des projections, l’inflation doit repartir à la hausse de façon soutenue, en ce début d’année. Et l’Etat n’y est pas pour rien : Gaz, électricité, SNCF, taxis, hausse de la TVA…
Les aventuriers du « A » perdu
Au final, le gouvernement estime que cette stagnation réduira l’épargne pour favoriser la consommation. Rien n’est moins sûr. Par contre, mécaniquement, cela réduit la charge de l’Etat via les offices HLM, les collectivités… qui remboursent in fine les intérêts du livret A. Il n’y âs de petit profit… D’autre part, les banques et compagnies d’assurance y trouvent aussi leur compte ; puisque les assurances-vie (qui donnent actuellement des signes d’essoufflement) sont en concurrence directe avec le livret A, leur petit avantage actuel est conservé. Ouf ! Et, enfin, pour l’anecdote, comme l’a relevé Mediapart, de fortes variations de l’inflation (ce que prévoit le gouvernement) peuvent aussi entraîner des changements de taux les 1er novembre et 1er mai… soit entre les deux tours de la présidentielle ! D’où l’anticipation…

A propos werdna01

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