Spéculateurs affameurs

Ploutopia – 26 janvier 2012 –
C’est à se demander si les émeutes de la faim qu’ont connues les pays du Sud il y a quatre ans ne sont qu’un mauvais rêve ?! Un nouveau rapport des Amis de la Terre démontre en effet que le secteur financier continue de jouer avec la faim dans le monde.
Spéculateurs affameurs
Le rapport épingle l’implication de 29 banques, compagnies d’assurance et fonds de pension européens (dont BNP Paribas France, AXA, le Crédit Agricole et la Société Générale) dans la spéculation alimentaire et le financement direct ou indirect de l’accaparement des terres. Les Amis de la Terre appellent les institutions européennes à réagir. Si la Commission européenne s’est engagée à améliorer la transparence des marchés des matières premières, elle doit au plus tôt réglementer strictement le rôle de la finance dans le secteur agricole estime l’ONG.
 
La faim, ça paie !
En Belgique, Dexia et KBC sont pointées du doigt. La première est active dans la spéculation alimentaire via le Dexia Fund Commodity, à 41% constitué de produits dérivés agricoles, explique Antonio Gambini (chargé de recherche pour le CNCD) qui a collaboré au rapport pour l’analyse en Belgique. KBC est, quant à elle, impliquée dans le financement d’entreprises qui achètent des terres en Europe centrale et orientale.
A. Gambini explique cette dérive spéculative par la dérégulation des marchés boursiers agricoles aux États-Unis, et par l’ouverture du marché à l’ensemble des investisseurs et non plus aux seuls opérateurs spécialisés. Parier sur les denrées alimentaires peut rapporter gros. L’avantage de la production agricole est que la demande n’est pas très élastique : si les prix augmentent, ce n’est pas pour cela qu’on va arrêter de manger ! conclut le chercheur. 
Source: http://www.financite.be/static/newsletters/financite_184.html

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