Afghanistan – Le meurtrier des 4 français avait réintégré l’armée, après avoir déserté.

Nouvel Obs avec AFP  le 04-02-2012

 Le meurtrier des Français avait payé un recruteur

 Il avait versé un pot-de-vin pour réintégrer l’armée, après avoir déserté.
Le militaire afghan ayant tué quatre instructeurs français fin janvier avait, avant l’attentat, réintégré l’armée afghane, qu’il avait désertée, après avoir payé un pot-de-vin à un soldat afghan, a rapporté samedi le site d’information américain McClatchy.
Agé de 21 ans, Abdul Sabor, faute de disposer d’une carte d’identité, avait déjà corrompu une première fois un recruteur, pour devenir soldat, ce qu’il a expliqué lors de l’interrogatoire auquel il a été soumis après son crime, dont l’AFP a pu lire les premières pages du procès-verbal.
Le 2 avril 2011, le recruteur « m’a dit de lui donner de l’argent, pour qu’il s’occupe (du fait que je n’avais pas de papiers). Je n’avais que 500 afghanis (environ 8 euros). Je les lui ai donnés. Il m’a emmené dans un hôtel proche. Il a préparé les documents. J’ai mis mes empreintes digitales au lieu de celles du chef de village, qui devait confirmer mon identité. On a complété les documents, et ensuite il m’a emmené au centre d’entraînement », explique-t-il.
Enrôlé deux fois
Après avoir servi environ huit mois, Abdul Sabor s' »échappe », selon ses dires, pour aller à Peshawar, dans une zone tribale du nord-ouest du Pakistan, bastion des talibans et coeur du principal sanctuaire d’Al-Qaïda dans le monde, où il reste « quelques temps ».
De retour à Kaboul, il paie « 800 afghanis » (12 euros) au même militaire, qui lui prépare « à nouveau ses papiers d’enrôlement« , selon le PV de son interrogatoire. Abdul Sabor est ensuite envoyé au centre d’entraînement de l’armée à Kaboul, puis à Tagab, au coeur de la Kapisa (nord-est), une province sous contrôle français.
Le 20 janvier, Abdul Sabor ouvre le feu sur un groupe de militaires français assurant la formation des troupes afghanes, alors que ceux-ci font un jogging dans la base de Gwan (en Kapisa), sans armes ni protections. Quatre hommes meurent et quinze sont blessés, dont huit grièvement.
Le meurtrier, dont l’enquête n’a pas encore pu prouver s’il était, ou non, taliban, a justifié son geste lors de ses premiers interrogatoire par le visionnage de la vidéo de soldats américains urinant sur des cadavres afghans.

 

A propos kozett

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