Affaires des fadettes : Le patron de la police des polices (IGS), Claude Bard, a contredit Philippe Courroye devant les juges

Nouvel Obs  le 20-02-2012

Le patron de la police des polices enfonce Courroye

Claude Bard affirme que le procureur a bien demandé à l’IGS le contenu des SMS d’un journaliste du « Monde ».
Le patron de la police des polices (IGS), Claude Bard, a contredit Philippe Courroye devant les juges en affirmant que le procureur de Nanterre avait explicitement demandé à l’IGS le contenu des SMS d’un journaliste du « Monde », selon le PV d’audition publié lundi 20 février par « Le Monde ».
Claude Bard a été entendu le 17 février comme témoin assisté dans l’enquête sur les factures téléphoniques détaillées (« fadettes ») de journalistes du « Monde ».
Le procureur de Nanterre Philippe Courroye a été mis en examen dans cette affaire, soupçonné d’avoir cherché à identifier les sources de journalistes du « Monde » travaillant sur l’affaire Bettencourt, en demandant à l’IGS d’analyser leurs factures téléphoniques détaillées.
Coup de fil
Claude Bard a indiqué avoir reçu un coup de fil de Philippe Courroye le 28 septembre. « Lors de cet entretien, il m’a demandé s’il était possible d’obtenir techniquement le contenu des SMS », a indiqué Claude Bard aux juges d’instruction, selon le PV d’audition publié par le « Monde ».
« J’ai répondu ‘non si ce n’est pas dans un cadre judiciaire approprié, à savoir dans le cadre d’une commission rogatoire' », a-t-il ajouté, en précisant avoir demandé à Philippe Courroye de prendre contact avec le numéro 2 de l’IGS, Daniel Jacquème.
En janvier, ce dernier a lui aussi accusé devant les juges Philippe Courroye d’avoir explicitement demandé à l’IGS le contenu des SMS qu’un journaliste du « Monde », Jacques Follorou, avait échangés avec la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, chargée à l’époque d’une partie de l’affaire Bettencourt.
Parole contre parole
Une réquisition a été établie auprès de l’opérateur Orange, selon Claude Bard, qui précise avoir pensé « que c’était un non-sens puisque l’opérateur était dans l’impossibilité d’y répondre ».
Philippe Courroye, tout comme la procureure adjointe de Nanterre, Marie-Christine Daubigney, réfutent ces affirmations, assurant n’avoir « jamais demandé le contenu des correspondances, c’est-à-dire des SMS échangés ». Philippe Courroye dément également avoir téléphoné à l’IGS.
La Cour de cassation a confirmé en décembre que le procureur Courroye avait enfreint la loi sur le secret des sources en réclamant les relevés téléphoniques de journalistes afin de trouver qui les informait dans l’affaire Bettencourt.
 Par Le Nouvel Observateur avec AFP 

A propos kozett

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