Arte Dimanche – Eddie Rosner – Le Jazzman du goulag : la trompette de Staline

Arte Dimanche 26 février à 10 h 45  –

Le parcours hors du commun d’un trompettiste de génie qui introduisit le jazz en URSS.

Le trompettiste errant

Pour la première fois, un documentaire se penche sur l’histoire oubliée d’une personnalité légendaire, juif errant à travers l’histoire du jazz en Europe et en Union soviétique, acteur et témoin d’aventures émouvantes ou tragiques, toujours fascinantes. Ce film rassemble des images d’archives exceptionnelles, les témoignages des gens de la génération de Rosner et un entretien exclusif avec sa fille Irina Prokofieva-Rosner, qui a conservé la plupart de ses souvenirs personnels. Celui qu’Armstrong lui-même appelait « l’Armstrong blanc » a tout connu : les honneurs et la gloire, la misère et le déracinement, la cruauté et la souffrance …
Le jazzman du goulag : dimanche, 26 février 2012 à 10:45
Rediffusions :  Pas de rediffusion
Réalisateur: Natalia Sazonova, Pierre-Henry Salfati
 Eddie Rosner connut le succès et l’exil, la gloire et les persécutions, Staline et l’enfer du goulag…
Né à Berlin dans une famille de juifs polonais, Eddie Rosner (1910-1976) abandonne vite l’enseignement musical classique pour devenir un trompettiste virtuose doublé d’un jazzman professionnel. Mais dans le Berlin des années 1930, il est « difficile d’être juif et de jouer de la musique nègre »…
Il quitte une Allemagne qui fustige la musique « dégénérée » pour la Pologne, avant de fuir une nouvelle fois devant l’invasion nazie. Cap vers l’Est ! La chance lui sourit, car le premier secrétaire du parti communiste biélorusse, Panteleimon Ponomarenko, adore le jazz.
Eddie Rosner forme un orchestre et devient le jazzman des états-majors, puis du ministère de la Défense. Élevé au rang de musicien officiel par Staline (« ma trompette contre le fascisme »), il se voit néanmoins emporté, après la guerre, par une vague anti-occidentale qui stigmatise le jazz « décadent ».
 Alors qu’il veut fuir à nouveau, il est arrêté en 1946 et précipité dans l’enfer des goulags. Là, un commandant lui offre une trompette et lui organise une tournée des camps ! Cependant, les conditions de détention restent atroces et Eddie doit attendre la mort de Staline pour être enfin libéré en 1954.

Reconstituant un orchestre, il renoue avec le succès. Au sommet de la gloire, Rosner rêve de revoir l’Allemagne de son enfance, mais ce n’est qu’en 1972 qu’il parvient à partir. Ce qui devait être un retour aux sources s’avère un nouvel exil : n’ayant pu faire sortir ses biens de Russie, inconnu dans l’Allemagne de ces années-là, sans aucune aide de la part du gouvernement, il s’éteint désespéré le 8 août 1976, à l’âge de 66 ans.

 Nouvel obs
Arte – 10h45 Le jazzman du goulag Durée : 1 heure

 

Sur des films amateurs de l’époque, bouleversants, il continue d’arborer ce magnifique sourire qui masque si bien son chagrin. Il meurt misérable, et oublié de tous en 1976. Sur sa tombe, seule une petite trompette dorée rappelle qu’il fut l’un des plus grands musiciens du XXè siècle
Le sujet
Le parcours musical tourmenté d’Eddie Rosner, trompettiste de jazz de grand talent, adulé et martyrisé en URSS de la fin des années 30 aux années 70.
Si, dans les pays occidentaux, le nom d’Eddie Rosner n’évoque rien, ou presque, il n’en va pas de même dans l’ancien bloc soviétique. Car Eddie Rosner fut aussi adulé en URSS que «Satchmo» aux Etats-Unis. Pour les Russes, le musicien représentait le plus grand des trompettistes de jazz, surnommé l’«Armstrong blanc». Durant les années de guerre, Rosner et son orchestre se rendirent dans de nombreuses villes du bloc soviétique. Ils y rencontrèrent un immense succès, à tel point que Staline lui-même demanda à Rosner de jouer pour lui. Mais, dès la fin du conflit mondial, l’artiste, riche et vénéré, commença à gêner et fut expédié au goulag. Qu’importe ! Eddie Rosner et ses musiciens y donnèrent jusqu’à quatre-vingts concerts par trimestre ! Le trompettiste continuait à exercer son talent, au grand dam des autorités qui, depuis longtemps déjà, avaient banni le mot «jazz» du vocabulaire soviétique.
 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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