La foire du drone

Lu dans Zélium – journal irrégulomadaire  satirique – fév/mars 2012
Les drones de l’armée tricolore seront israéliens, camouflés au premier aterrissage en France. Comment dit-on cocorico en hébreu ?
 
Il n’y a pas de pilote dans l’avion. Pas de problème pour investir. Pas de meilleur fournisseur. Pas de discussion. Rompez ! Notre ministre de la guerre a commandé en juillet dernier un stock de drones à IAI, Israël Aérospace Industries, le Dassault israélien. Un contrat de 318 millions d’euros, sans appel d’offres, sans consultation du Parlement  (1), livraison de 2014 à 2016. Pour faire illusion Dassault servira à blanchir, à franciser ces robots volants de guerre en ajoutant un peu d’électronique, mais l’ensemble des appareils sera bien un produit israélien pure laine : des Heron TP de 26 mètres d’envergure, livrés en kit par le marchand d‘armes Israël Aérospace Industries.
 
Sans pilote contre sans papiers
 
Depuis 2009, la recherche publique française (Onera, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales) est même impliquée, avec Israël Aircraft, dans un projet financé par l’UE et le privé, TALOS (2), qui répond au fantasme de frontière robotisée, pour repérer à distance les populations migrantes. Les repérer mais aussi les « neutraliser » comme disent les  militaires, grâce à des bijoux hi-tech, cartouches paralysantes à décharges électriques, canons à ultrasons dits armes à  « énergie dirigée » et autres joyeusetés. Faut dire que l’expertise tricolore en la matière se limite à des modèles d’observation (comme le Patroller de Safran), plus apte à la guerre civile qu’à la guerre tout court. Exemple, SMPT, l’importateur du pistolet Taser en France à conçu un mini-hélico télécommandé, le idrone, qui serait capable d’envoyer des balles paralysantes, mais pas de gros missiles.
 
Actuellement, l’arsenal français compte déjà quatre drones Harfang made by Israël dans sa flotte. Un survole l’Afghanistan, l’autre a servi en Libye, le troisième est à Cognac et le quatrième ne marche plus. L’armée de terre en a deux (EADS et Safran) et les forces spéciales ont aussi des mini drones Elbit Skylark israéliens et des micro drones Aqua Wasp américains.
 
Search and destroy
 
Car ces espions automatiques dotés de radars, de caméras sophistiquées et de détecteurs en tous genres, capables de suivre une voiture, un homme au mètre près, ne sont pas que des yeux intelligents. Ce sont de vrais engins d’attaque. On peut les équiper de roquettes, pour des attaques au sol dénommées « Search and destroy ». Les Heron TP « interviennent actuellement, sur une base pluriquotidienne, dans la lutte contre les organisations islamistes opérant depuis Gaza, en Afghanistan jusqu’au Pakistan », note  le site terredisrael.com
 
En avant pour le drone de la guerre.
 
Nicolas de la Casinière
 
(1)    Le Canard Enchaîné, 3 août 2011
 
(2)    Transportable Autonomous patrol for Land Border Surveillance system

A propos werdna01

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