Règne animal – Influence de la température sur les animaux : Quand l’ancêtre du cheval était petit comme un chat

Le Figaro 24/02/2012
 Lors d’un épisode de brusque réchauffement il y a 56 millions d’années, le poids moyen du Sifrhippus est passé de six à quatre kilos. Une preuve supplémentaire de l’influence de la température sur la taille des animaux.
Les ancêtres nord-américains du cheval, baptisés Sifrhippus, étaient de petits animaux de la taille d’un chien. Une équipe américaine menée par les universités de Floride et du Nebraska vient de montrer qu’un brusque réchauffement survenu il y a 56 millions d’années a coïncidé avec un rapetissement de l’espèce. De six kilos en moyenne, ces équidés primitifs ont «maigri» de deux kilos en 130.000 ans. Ils étaient alors comparables en taille à nos chats domestiques. L’épisode de chaleur se dissipant, ils ont peu à peu regrossi pendant les 45.000 années suivantes jusqu’à atteindre 7,5 kilos.

Ce phénomène de rapetissement avait déjà été observé pour un tiers des mammifères à cette période, appelée Maximum thermique du passage Paléocène-Eocène (PETM), mais jamais avec une telle précision. «Nous n’étions pas certains d’un lien direct avec la température», explique l’un des auteurs, Jonathan Bloch. C’est l’analyse des nombreuses dents fossiles de l’équidé découvertes dans le Wyoming qui ont permis de mettre en évidence la corrélation frappante entre taille moyenne et température estimée.
Le réchauffement actuel est bien plus rapide
Reste désormais à expliquer le phénomène, aussi connu sous le nom de loi de Bergman. «L’intervalle de temps considéré est suffisamment long pour penser que la sélection naturelle et l’évolution sont à l’œuvre», estime l’auteur principal, Ross Secord. Une première hypothèse est physiologique: la hausse des températures aurait été défavorable aux gros animaux qui ont plus de mal à évacuer leur chaleur corporelle. Les «petits» auraient donc transmis plus facilement leur patrimoine génétique. La seconde hypothèse est environnementale: la hausse de dioxyde de carbone associée au PETM aurait eu une influence néfaste sur les qualités nutritives des végétaux. Les équidés auraient donc été victimes de problèmes chroiques de croissance. Ces deux facteurs pourraient d’ailleurs être associés. Il n’existe toutefois aucun consensus sur la question.
Les chercheurs restent d’ailleurs prudents quant aux implications de leurs travaux dans le cadre du réchauffement actuel. «L’influence sur l’homme devrait être négligeable puisque nous adaptons déjà notre environnement thermique à nos besoins», soutient Ross Secord. «Pour les autres espèces, certaines tendances au rapetissement ont déjà été observées, mais cela reste sujet à débats.» Il insiste par ailleurs sur la brutalité du réchauffement actuel : «Nous devrions atteindre en un ou deux siècles les 5 degrés qui ont mis plusieurs dizaines de milliers d’années à s’installer pendant le PETM. Rien ne permet de savoir si ce temps limité sera cette fois-ci suffisant à l’adaptation des animaux.» 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans animaux, Ecologie, Science, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.