Journal de campagne – Salon de l’agriculture : La vache rousse a-t-elle reconnue le président français ?

Par Patrick Besson Extraits

Chaque jour, Patrick Besson emprunte la plume d’un célèbre écrivain pour nous raconter la campagne électorale.

La vache rousse regardait le candidat avec des yeux fous, par Katherine Pancol
Antia Brinquebillov, une ravissante et courageuse jeune femme encore super sexy à 39 ans et qui venait de se faire lourder par un vieux macho de 41 ans dont on se demandait ce qu’elle lui trouvait, sinon de bons pectoraux et un salaire correct, émergea du métro bondé à la station Porte-de-Versailles. Le soleil lui fit un clin d’oeil et le ciel la recouvrit de sa bleuité bienveillante.

Chaque année, Antia se rendait religieusement au Salon de l’agriculture, car, après le décès de ses parents Louis et Lucette dans le crash entre un avion privé et un ULM, elle avait été élevée à la campagne près de Pithiviers par son oncle André et sa tante Marie-Louise.

Elle gardait de cette enfance et de cette adolescence  campagnardes de super bons souvenirs, malgré un dépucelage un peu raté dans la paille de la grange d’André et de Marie-Louise Brinquebillov.
……
Flashs des photographes
D’emblée, elle fut surprise par la foule des journalistes et les flashs des photographes. Elle se rendait en effet toujours très tôt au salon, à l’heure où tous les agriculteurs sont debout, mais où tous les citadins sont encore couchés, sauf peut-être quelques éboueurs.

Un petit homme en costume se trouvait auprès d’une vache rousse qui le regardait avec des yeux fous et Antia reconnut le président de la République française. Il émanait de lui une tendresse pour les bêtes à laquelle elle fut particulièrement sensible.
….

 Elle rentra chez elle dans son trois-pièces de Boulogne acheté à crédit en 1999 et passa la journée sur la traduction d’un best-seller britannique bien construit. Les Anglais pouvaient nous donner des leçons dans la construction des best-sellers.
Échange réel entre un bovin et Bayrou

Le lendemain, tôt le matin comme de coutume, Antia se rendit au salon. La vache rousse aux yeux fous se trouvait au même endroit, mais en face d’elle il y avait un autre candidat à la présidence : le patron du MoDem. C’était un cavalier. Antia elle-même montait assez bien – et la ravissante femme encore jeune eut une forte émotion en voyant l’échange réel entre le bovin et Bayrou. Pour qui finirait-elle par voter ?

Quelques jours plus tard, alors qu’elle espérait pouvoir enfin visiter à l’aube ce salon où les parfums de son enfance et de son adolescence (le pipi, le caca, le graillon, la soupe aux poireaux) lui rappelaient tant de choses qu’elle avait presque en permanence de jolies larmes à ses yeux magnifiques, Antia fut stupéfaite par le spectacle se présentant à elle : le candidat socialiste à lunettes, dont le physique doux et patelin l’avait toujours attirée, rinçait et brossait la vache aux yeux fous, sans même avoir retiré son costume et sa cravate, ce qui avait dû faire rire bien des agriculteurs en bleu de travail devant leur poste de télévision.
La vache avait l’air de commencer à en avoir marre
Le Point.fr – Publié le 05/03/2012

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Eva Joly 

 Jean-Luc Mélenchon
 
-Dominique de Villepin
 

 

 

 

Marine Le Pen 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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