Mélenchon – Hollande, ensemble tout devient possible

Ze Rédac – 18/03/12 – Lautréamont

JL Mélenchon et le Front de Gauche à la Bastille - © Razak

JL Mélenchon et le Front de Gauche à la Bastille – © Razak
Combien étaient-ils place de la Bastille 50.000, 60.000, 80.000 et plus si affinités ? Impossible de chiffrer tant la foule était à perte de vue, joyeuse festive, populaire. Jean-Luc Melenchon le centurion a gagné son pari. Faire converger vers cette place symbolique de notre République un peuple hétéroclite, composé de bobos, de syndicalistes, de militants comme ses historiques et une jeunesse, qui n’était pas sans rappeler cette jeunesse qui en 2002 se pressait dans les meetings d’Olivier Besancenot et d’Arlette Laguiller, soif d’idéal, de radicalité, soif d’étincelle, soif de victoire et de Justice. Dans un discours très cadré, Jean-Luc Mélenchon a tracé la ligne. Celle d’une France fraternelle, citoyenne, humaniste.
Mais, à aucun moment, il n’a insulté l’avenir. À aucun moment, il n’a plumé la volaille socialiste, comme en leur temps, l’auraient fait Besancenot,or ou Laguiller, en bons trotskistes historiques. Non car les temps ont changé et Jean-Luc Mélenchon, fondateur historique de la gauche socialiste, passe par l’OCI, animateur inlassable de l’aile gauche du parti socialiste avec Julien Dray, Jean-Luc Mélenchon sait ce que gouverner veut dire.
D’abord parce qu’il a été ministre, appelé par Jospin en 2001, quand il avait besoin de gauchir son discours, de lui donner une fibre sociale et laïque. Mélenchon fut ministre et membre éminent, influent du Parti Socialiste, rompu à l’appareil, complice de Mitterrand lors du funeste congrès de Rennes. Ce vieux dont il s’inspire  et qui fait de lui l’un des héritiers de Mitterrand. Un petit frère rebelle mais qui ne vit qu’au rapport de force.
Et il connaît ce rapport de force. Il sait que le front de gauche ne peut être au second tour d’une présidentielle mais il sait aussi que seul François Hollande peut battre Nicolas Sarkozy . Entre les deux hommes, une réelle détestation. Elle remonte au référendum de 2005 lorsque Melenchon infligeait aux caciques sociaux-démocrates du parti, une déculottée qu’ils n’ont toujours pas digérée. Il démontra sa force de conviction,  sa puissance rhétorique et surtout sa conviction dans un socialisme humaniste et radical . Mais aujourd’hui, seul François Hollande est en situation de pouvoir l’emporter. Et Hollande, qui goute peu la radicalité de Mélenchon, ses diatribes anti-capitalistes et sa flammme, Hollande sait aussi qu’il faut agréger, additionner même ses contraires pour remporter la victoire.
Entre l’eau qui coule et le feu, l’accord paraît possible. Il se négociera en son temps mais à la base, le discours (excellent) de Mélenchon , discours de valeurs et de programme clair sur la lutte contre les prédateurs financiers, ce discours n’a en aucun cas fermé la porte au candidat socialiste. À Melenchon la flamme et le rouge. À Hollande le pragmatisme et la synthèse. Comme l’a dit si justement Ségolène Royal Jean-Luc Mélenchon est l’allié du Parti Socialiste. L’allié ne signifie pas l’otage ou l’esclave. Mais les les mots des uns et des autres sonnent  de manière fraternelle et lucide.
Ensemble, tout semble possible pour battre Nicolas Sarkozy.
La fête de la Bastille, sa ferveur, sa joie, et sa rébellion sont donc une excellente nouvelle par la gauche française.

La Bastille, le 18 Mars 2012, après le discours de Mélenchon - © Razak

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