Viens voir ou j’habite ! : Vivre sur un bateau.

Rue 89 Blog 18/03/02012 La chance aux concours
Les étudiants de La Chance aux concours partent à la rencontre des Franciliens en explorant leurs intérieurs
Viens prendre le thé chez moi, j’habite sur une péniche
Petit portail, boîte aux lettres… l’entrée de la péniche de Maria (Mélanie Nunes et Eline Ulysse)
Le thé est prêt et le poêle à bois crépite au fond du vaste salon qui occupe le pont supérieur. Un après-midi d’hiver, Maria M., 56 ans, nous reçoit sur les bords de l’Oise, à bord de sa péniche amarrée le long d’un chemin forestier. Fatiguée des tracas de la vie urbaine, Maria est partie il y a six ans à la conquête d’un grand projet : vivre sur un bateau.
L’entrée pourrait être celle d’un pavillon classique : portail, cloche d’entrée, boîte aux lettres. Mais un ponton et une passerelle montés sur roulettes, pour s’adapter aux crues de la rivière, forment un passage obligé pour pénétrer sur l’embarcation.

Sur une centaine de mètres carrés, des livres, des étagères, des peintures et les objets de ses voyages s’entreposent. Les plafonds peints en bois blanc, le parquet dans le salon, les carreaux de faïences rouge de la cuisine, les rebords de fenêtre vert : ici, tout a été pensé et créé par Maria.
Un piano, orné de nombreuses photos de ses deux enfants, un cendrier qu’elle remplit sans discontinuer.
Solidarité avec les pénichards
Navigatrice de compétition pendant quinze ans, elle décide d’acheter un ancien transporteur allemand construit en 1930. Le moteur, situé dans la salle des machines, au cœur même du bateau, est aujourd’hui un objet de collection convoité par des musées maritimes hollandais.
Pendant six ans, cette productrice, qui travaille avec des artistes et pour la télévision, a passé de longues journées et soirées à transformer, restaurer, façonner ce bâtiment à son image.
Aujourd’hui, elle profite de tous les conforts d’un logement classique : chauffage, accès internet, raccordement aux réseaux électriques et de distribution d’eau.
Née en Amérique latine, elle a grandi au bord de la mer. Selon elle, il n’y a rien de plus agréable que de passer une après-midi sur la terrasse de sa péniche à bronzer, ou à observer le passage des cygnes et des canards sur le fleuve. Même si c’est surtout la communion avec la nature que Maria recherchait, la solidarité avec ses quatre voisins « pénichards », comme elle, est importante.
De lourdes contraintes
Pour vivre sur une péniche, il ne suffit pas de l’aménager : il faut aussi se soumettre à des contraintes administratives et règlementaires strictes :
enregistrement auprès de la VNF (voies navigables de France),
délivrance d’un titre de navigation,
contrôles réguliers des équipements à bord.
La batellerie ne transige pas sur l’entretien. Généralement, tous les cinq ans – bien que la réglementation recommande dix ans –, la péniche est mise hors de l’eau tractée par une grue. Transportée dans un chantier naval à Cherbourg, l’embarcation fait l’objet d’une expertise par un professionnel mandaté.
Ce dernier procède à de multiples inspections et vérifie notamment l’épaisseur de la coque. De cet examen dépend la remise à l’eau du navire. En cas d’avis défavorable de l’expert, le propriétaire doit, sur place, entreprendre les réparations nécessaires. Pour la péniche de Maria, pourtant octogénaire, le test, effectué cinq ans plus tôt, a été concluant.
Aujourd’hui, Maria analyse avec fierté et satisfaction le parcours accompli. C’est une expérience dans laquelle elle estime avoir mûri, être devenue plus riche intérieurement.
Le seul hic : son âge, qui pourrait aujourd’hui représenter un frein à la suite de ce projet qu’elle qualifie de « prenant », car une bonne forme physique est essentielle pour assurer l’entretien quotidien, rénover et maintenir le bateau en bon état.
Et à la question de savoir si c’était à refaire, elle hésite : « Oui, mais… tout sauf de la rénovation. » Mais l’idée de vivre dans des wagons retapés trotte dans son esprit depuis une vingtaine d’années…
Mélanie Nunes et Eline Ulysse
 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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