Restes d’un quinquennat : Bertrand

Ruminances – 15 mars –
 

 
Il est aujourd’hui assisté dans sa fonction par Nadine Morano, Ministre de l’apprentissage et de la formation professionnelle.
 
Inlassablement, la cloche sonne pour appeler le fidèle. Le muezzin le fait avec sa voix, le Choffar avec sa corne. Inlassablement, Xavier Bertrand, quant à lui, siffle toujours le même air à ses ouailles : le chef a toujours raison. A l’instar d’un Lefebvre ou d’une Morano, il approuve la moindre décision du tout-puissant, loue chacune de ses actions. Qu’importe si ce dernier se plante lamentablement (et dieu sait si cela lui arrive plus souvent qu’à son compte), sa mission à lui, c’est d’approuver, que dis-je, de vanter la pensée de son mentor. Et d’en faire le plus large écho sur tous les plateaux télé ou au micro de toutes les radios.
Il est curieux de constater comme la Sarkozie engendre des créatures politiques sans relief, clones cérébraux de leur dieu vivant, toutous de plage arrière qui hochent la tête après chaque intervention du maître. Il ne me semble pas que la Mitterrandie ou la Chiraquie produisaient des êtres si peu autonomes. Même un Jack Lang existait par lui-même et proposait, certes sur un plan strictement culturel, une politique personnelle.
 
Jamais un futur candidat aux présidentielles, Xavier Bertrand vise 2017, n’aura montré une personnalité aussi terne, présenté un visage aussi falot. L’asservissement dont il fait preuve quotidiennement est-il honnêtement compatible avec les fonctions aussi décisives que doit assumer un chef de l’état ? Là où ses adversaires potentiels à droite, de Copé à de Villepin font tonner régulièrement leur différence, lui ne sait que s’aligner sempiternellement sur les positions de son modèle.
 
Qu’on ne se trompe pas, sous son air patelin, sa voix doucereuse et ses rondeurs bonhommes, se cache un vrai hargneux. Il n’est qu’à voir comment il y a peu, il s’en est pris de manière odieuse à un journaliste du Courrier Picard, le quotidien opposant et critique de son fief nordique. Le pauvre plumitif n’avait commis pour seule faute que d’avoir posé une question un tantinet maladroite. Peu habitué des plateaux télé, il s’est fait humilier en retour et en direct live par l’ancien assureur qui s’est acharné sur lui avec un sadisme certain. La face cachée du garçon révèle un drôle de zèbre.
 
Récemment encore, lors de l’affaire Soumaré, il a fait preuve d’une attitude un brin douteuse. Non seulement, le secrétaire général de l’UMP n’a pas su (ou pas voulu) tenir ses troupes qui fouillaient le passé du candidat noir, mais il a persisté et signé quand le pot aux roses de la diffamation a été découvert. “Il y a en revanche les autres sujets pour lesquels Ali Soumaré aurait dû s’expliquer dès le départ parce que je pense que la transparence est une condition indispensable quand on sollicite la confiance des électeurs” a-t-il osé ajouter alors qu’il faisait référence à des faits prescrits par la loi. Pas un mot d’excuse, pas l’ombre d’un regret. Ecce homo ! Faut dire que Sarkozy, à l’inverse de Fillon, soutenait dans l’ombre ce vrai-faux déballage…
 
Si l’on en croit les sondages, les Régionales de mars risquent fort d’être une gigantesque déculottée pour le parti du maire-adjoint de Saint-Quentin. L’UMP qui devait être sous sa férule, une formidable machine de guerre, ressemblera-t-elle désormais à un aréopage de loosers ? Pourra-t-il décemment rester à la tête d’un mouvement en telle déconfiture ? Déjà, des voix discordantes s’élèvent et critiquent son manque d’engagement pendant la campagne de Valérie Pécresse en île de France. Ainsi pérore Yves Jégo : “C’est vrai qu’on peut regretter que l’UMP nationale (Xavier Bertrand) ne s’exprime pas. Il faudra faire le point de tout cela après les échéances.” Sarkozy, encore lui, est aussitôt monté au créneau pour venir au secours de son fidèle valet. Pour combien de temps encore ? 

A propos werdna01

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