Angela amère après la goujaterie de Nicolas

Libération – 20 mars – Eric Decouty

Angela Merkel à Bruxelles, le 2 mars 2012
Angela Merkel à Bruxelles, le 2 mars 2012 (Photo Lionel Bonaventure. AFP)

 

La chancelière allemande a peu goûté d’avoir été «oubliée» pour un meeting du Président.

Les premiers tiraillements viennent d’apparaître dans la douce entente qui unissait depuis de longues semaines Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. A en croire la presse allemande, la chancelière aurait été franchement agacée par la volte-face du président français qui, après l’avoir conviée à un de ses meetings électoraux, aurait oublié de lui confirmer le rendez-vous…
Si Angela Merkel n’a pas encore décidé de tourner le dos à Nicolas Sarkozy, selon l’hebdomadaire Der Spiegel de ce week-end, la présidente du parti conservateur CDU a manifesté sa mauvaise humeur devant ses proches collaborateurs en apprenant que le chef de l’Etat ne souhaitait plus sa présence. Elle l’aurait d’ailleurs fait savoir à l’intéressé quelques jours plus tard, en marge du sommet de l’Union européenne à Bruxelles.
Début février, Angela Merkel avait pourtant apporté publiquement son soutien au candidat Sarkozy, à l’occasion d’un conseil des ministres franco-allemand à Paris, déclarant : «Je soutiens Nicolas Sarkozy sur tous les plans, car nous appartenons à des partis amis.»
S’il n’est pas encore question de parler de divorce au sein du couple franco-allemand, l’histoire ne se résume pas à ce seul différend. Le comportement de Nicolas Sarkozy, jugé «peu élégant» outre-Rhin, intervient quelques jours après que Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de faire sortir la France de l’espace Schengen si les accords européens sur la libre circulation n’étaient pas révisés. Des propos peu appréciés à Berlin et qui font écrire au Spiegel que la Chancelière allemande ne serait, au fond, pas si mécontente que ça de ne plus venir en France soutenir le candidat-président.
Cette dissonance n’a pas manqué de susciter des commentaires ironiques à gauche. «Je comprends que Mme Merkel ne soit pas à l’aise, elle qui est conservatrice, qui suit des politiques qui ne sont pas les nôtres mais qui a sa cohérence, avec cette instrumentalisation de la construction européenne», a ainsi déclaré Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande et ancien ministre des Affaires européennes. «C’est un homme qui se sert de l’Europe pour sa cause, et qui est capable, pour le coup, de la jeter aux orties ou de la faire stigmatiser quand ça l’arrange et puis de s’appuyer sur elle quand ça l’arrange aussi», a-t-il ajouté.
En tout cas, la brouille passagère, ou plus durable, entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel tranchait avec l’harmonie affichée ce week-end entre les dirigeants socialistes européens et notamment franco-allemands (lire ci-contre).«L’Europe est la responsabilité commune de la France et de l’Allemagne mais l’Europe n’est pas la propriété commune de la France et de l’Allemagne», a ainsi lancé François Hollande, comme un message aux dirigeants actuels.

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