Sarkozy : failles et affaires, retour sur terre

ZeRédac.com – 23/03 – Dante
Nicolas Sarkozy à Strasbourg à nouveau candidat - cc UMP Photo
Sarkozy à Strasbourg, candidat à nouveau – cc UMP Photo
Il peut encore respirer un peu, Nicolas Sarkozy. Déguster ce sondage qui nous explique, que les Français ont apprécié sa manière de “gérer” les barbaries de Mohammed Merah.
Savourer cet instant “pause présidentielle” encore quelques jours, probablement le temps du week end. Ciel bleu, mer calme. Car les nuages s’amoncellent à nouveau sur sa campagne.
Et d’abord cette polémique, qui tourne à la bataille de chiffonniers entre le RAID, le GIGN et les renseignements généraux. La guerre des polices plein tube, au lendemain de la mort de Merah. Étonnante accusation de Christian Poutreau, l’ancien patron du GIGN, qui juge que l’opération du Raid est globalement ratée. Et étonnante justification immédiate du patron du Raid, Aymery de Hautecloque, humilié à l’évidence par ce type de propos.
Difficile pour le citoyen lambda de démêler le bon grain de l’ivraie dans cette affaire. Aucun de nous ne saura jamais ce que peut signifier d’être arrosé à l’arme de guerre par un dingue dégénèré qui vous attend tapi dans l’ombre et a décidé de vous crever, comme il a tué, de sang froid, 7 personnes. Aucun de nous, à l’évidence, n’aura un jour la courage de ces flics de l’impossible qui sont allé déloger de sa tanière un animal fou. Alors, fallait-il l’arroser de lacrymogène ou pas ? Nul ne peut répondre. Reste que ces accusations entre policiers de très haut niveau, et l’opération fausse transparence de Bernard Squarcini, le patron du renseignement intérieur français, dans Le Monde cet après midi, font désordre et entache un peu la belle opération policière de Toulouse.
Les zones d’ombres persistent, et sur le profil de Merah, sa non-surveillance, ses dernières heures et le rôle exact du renseignement dans cette affaire.  L’opposition dénonce une faille, déjà évoquée par Alain Juppé, avant qu’il ne se rétracte conscient de sa boulette. Faille il y a certainement. Et elle risque d’assombrir la campagne puisque la presse, par définition fouille tiroir, va forcément exhumer des documents, glissés par des mains innocentes et anonymes qui ne veulent plus du pouvoir en place. On sait à quel point la firme Sarkozy a nettoyé la place Beauvau mais les opposants existent dans les réseaux policiers et ils ne lésineront pas sur un coup de main au candidat socialiste, c’est une évidence.
L’autre épine concerne les affaires. On se souvient que dimanche dernier, Ségolène Royal à brisé l’omerta en affirmant que Sarkozy avait peur de perdre son immunité. Avalanches de réactions outragées, brisées net par la tuerie de Toulouse. Mais ce qui est dit est dit, et va revenir avec ces deux informations capitales. Patrice de Maistre, l’homme de confiance et gestionnaire de la fortune  de Liliane Betancourt  a été placé en détention provisoire, après une nouvelle mise en examen. Voilà qui fait désordre pour un membre éminent du Premier Cercle des donnateurs de l’UMP.
Par ailleurs, Mediapart poursuit inlassablement son enquête sur le financement de la campagne d’Edouard  Balladur .Dans cet écheveau inextricable,le journal affirme que le juge Van Ryumbeke a  retrouvé,  en Suisse, la trace d’une sortie en espèce  de 10 millions de francs qui auraient en partie financer  la fin de campagne en avril 1995. Une nouvelle bombe, encore passée sous silence par les grands médias mais jusqu’a quand ?
Toute la stratégie de Nicolas Sarkozy repose, dans les ces 30 derniers jours, sur l’amnésie.
Amnésie sur le bilan, amnésie sur les affaires, amnésie sur le comportement. Le candidat UMP compte sur l’hypnose qu’il manie fort bien, et cette capacité à frapper les esprits avec des mises en scène gigantesques. Ça n’est d’ailleurs pas un hasard s’il envisage un nouveau meeting gigantesque porte de Versailles à Paris. Une stratégie “péplum” pour fasciner, rassurer, et faire oublier qu’il est à la tête de ce pays depuis 5 ans et qu’il n’en a globalement rien fait.
À la presse et à l’opposition de faire son travail.
Parfois trop tiède, la gauche, effrayée par l’idée de paraître mauvaise joueuse, n’ose jamais ces coups sous la ceinture. Elle doit le faire, si ce n’est pas le candidat PS, au moins ses soutiens. En ce sens l’intervention de Ségolène Royal sur les affaires a été salutaire. Il faut enfoncer le clou, taper, taper et taper encore. Pour éviter tout risque d’hypnose, d’amnésie et de reconquête.

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