Sénégal les élections du 25 mars : Deux candidats libéraux, un choix de génération

 Le Monde 23/03/2012 Dakar Envoyé spécial
Si l’on s’en tient aux apparences, le second tour de l’élection présidentielle de dimanche 25 mars au Sénégal n’offre guère de choix si ce n’est celui des générations. Il opposera deux hommes politiques issus du même moule idéologique libéral, le Parti démocratique sénégalais (PDS). Cette impression est confortée par le fait que le président sortant, Abdoulaye Wade (86 ans), affrontera son ancien premier ministre, Macky Sall (52 ans). Pourtant, le programme électoral des deux hommes diverge radicalement.
M. Wade s’appuie sur le bilan de ses douze années de pouvoir pour demander aux électeurs de lui accorder un troisième mandat, histoire de terminer les chantiers déjà engagés. Il met en avant la modernisation déjà réalisée des infrastructures du pays (routes, écoles, hôpitaux) ou en cours (nouvel aéroport, autoroute…) et promet de s’attaquer prioritairement au secteur agricole dans ce pays de 12,9 millions d’habitants, grand producteur d’arachides.
Mais, au-delà des réalisations visibles, les électeurs se souviennent aussi que le candidat leur avait promis, lors d’une campagne précédente, de construire une ligne de TGV dans un pays où la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
En face,  » l’autre  » libéral devra, en cas de succès dimanche, composer avec des socialistes qui lui auront permis de consolider sa victoire. Il affiche un programme à forte connotation sociale baptisé  » Yoonu Yokkuté  » ( » le chemin du développement « ). L’une de ses priorités est de diminuer le prix des denrées de première nécessité (huile, farine, riz, sucre)  » dès la première semaine «  de son mandat. Des prix qui ont globalement doublé depuis l’entrée en fonctions d’Abdoulaye Wade, mais qui concernent des produits dont les marchés sont souvent entre les mains de monopoles privés.
M. Sall promet également d’instaurer plusieurs mesures sociales pour les familles défavorisées, de créer 500 000 emplois pour les jeunes et d’investir 2 000 milliards de francs CFA (environ 3 milliards d’euros) dans le monde rural. Mais l’un de ses principaux messages porte sur l’établissement de la bonne gouvernance. Au-delà de la réduction de la taille du gouvernement, il s’est engagé à diminuer le train de vie de l’Etat et à auditer les comptes publics. En 2008, sa disgrâce avait eu pour origine la convocation qu’il avait adressée, en tant que président du Parlement, à Karim Wade, le fils du président, chargé de s’expliquer sur la gestion opaque de l’agence pour l’organisation d’un sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).
Ch. Ct

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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