Les Pinocchios du Chef de l’Etat : cinq au meeting de Lyon

 Par Donald Hebert

Nicolas Sarkozy, Pinocchio en meeting à Lyon

 Le Nouvel Observateur décerne cinq Pinocchios au chef de l’Etat pour son discours à Lyon samedi 17 mars. Lors de son meeting, le candidat UMP a en effet chargé les socialistes en cédant à l’exagération :
« Et que dire lorsque le surlendemain on annonce que ces 75 % seront finalement temporaires et, le jour suivant, que l’on va rétablir un bouclier fiscal que l’on n’a pas cessé de dénoncer pendant cinq ans ! »
François Hollande propose en effet une tranche d’impôt supplémentaire à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Il souhaite également revenir sur l’allégement de l’ISF décidé par le gouvernement en 2011. Et pour éviter que l’impôt soit confiscatoire, il souhaite remettre en place un plafonnement, tel que l’avait instauré Michel Rocard lors de la création de l’ISF.
Mais le candidat socialiste, s’il n’a pas encore précisé quels seraient les impôts concernés par le dispositif, a précisé qu’il serait opérant à partir de 85% des revenus. Beaucoup moins avantageux que le bouclier fiscal à 50%, mis en place par Nicolas Sarkozy en début de quinquennat et supprimé quatre ans plus tard par sa majorité.
« On déclare qu’on va régulariser massivement les clandestins. »
3   Pinocchios  C’est une contre-vérité régulièrement utilisée par la droite : les socialistes souhaiteraient ouvrir les frontières sans les contrôler. Dans le programme de François Hollande on peut d’ailleurs clairement lire:
Je conduirai une lutte implacable contre l’immigration illégale et les filières du travail clandestin. Je sécuriserai l’immigration légale. Les régularisations seront opérées au cas par cas sur la base de critères objectifs. »
 « J’en ai assez de recevoir des leçons d’Europe (…) de la part de ceux qui ont laissé la Grèce entrer dans la zone euro avec des chiffres faux. »
 Pour valider l’entrée de la Grèce dans la zone euro, en 2001, les Européens se sont basés notamment sur les chiffres de son déficit public, officiellement inférieur à 3% entre 1997 et 1999. Ce n’est qu’en 2004 que le gouvernement grec a révélé le fait que ces chiffres étaient faux, et que le déficit était en réalité bien supérieur aux 3% exigés dans les critères de Maastricht. Le gouvernement Jospin était-il au courant ?
Une chose est sûre, cet argument pourrait tout autant être employé contre la majorité actuelle. Car le maquillage des chiffres officiels grecs a continué jusqu’en 2009. Ce qui aurait pu être évité, selon l’économiste Jean Pisani-Ferry (cité par le « Nouvel Observateur » en novembre 2011). Dans son livre, « Le Réveil des démons. La crise de l’euro : comment nous en sortir ? » (16 novembre 2011, Fayard), il raconte :
En 2005, « l’office statistique européen, qui commençait à nourrir de sérieux doutes sur la qualité des comptes grecs, a demandé que lui soient donnés des pouvoirs d’investigation : qu’au lieu de seulement prendre note des chiffres qui lui sont communiqués, et d’éventuellement demander la reclassification de telle ou telle opération, il puisse conduire des vérifications sur pièces et sur place. Craignant que ces pouvoirs ne soient un jour utilisés à leur encontre, les Etats – Berlin et Paris en tête – ont refusé de laisser Eurostat conduire de tels audits. Il faudra, pour connaître la vérité, attendre 2009 et les aveux de Georges Papandréou ».
 A cela s’ajoutent d’autres déclarations étonnantes de Nicolas Sarkozy sur le regroupement familial, le logement, les retraites, les 35 heures ou les banlieues, déjà relevés par la rubrique Désintox de « Libération ».
 Le principe des Pinocchios de l’Obs :
Un Pinocchio = Une simple erreur, une imprécision.
Deux Pinocchios = Une erreur manifeste, un mensonge par omission
Trois Pinocchios = le mensonge prémédité, avec intention de nuire.
 Par Donald Hebert
Nouvel Obs 19-03-2012

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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