Les mystères de l’enrichissement de Sarkozy en cinq ans…

Le Canard Enchaîné du 28 mars 2012 – Hervé Liffran
Les épargnants qui pleurent sur leurs économies rongées par la crise seraient bien inspirés de prendre exemple sur Nicolas Sarkozy. Voilà un homme qui a réussi, en cinq ans, a accroître son patrimoine de 28% malgré un divorce et 6 000 euros de pensions alimentaires à verser chaque mois. Selon sa « déclaration de situation patrimoniale » publiée le 24 mars au « Journal Officiel », la cagnotte du président sortant s’élève à 2 740 953 euros. A comparer aux 2 138 116 euros annoncés en 2007 par le candidat élu. Bravo, l’artiste !
Il y a cinq ans, l’essentiel de ses avoirs provenait de la vente de son appartement de Neuilly, acquis en commun avec Cécilia. Une opération bien connue des lecteurs du « Canard » : acheté à un promoteur ami en 1997, ce logement avait été revendu près de 2 millions de centimes en novembre 2006, avec une plus-value dépassant les 100%. Après le divorce, Cécilia est donc repartie avec au moins 1 million.
Sarkozy ne se montre guère loquace sur le dynamisme de sa modeste fortune placée dans deux contrats d’assurance-vie. Son porte-parole, Franck Louvrier, se contente de répondre aux questions par un « Je n’ai pas plus d’informations ».
Pas question non plus de divulguer les revenus du couple Bruni/Sarkozy ni le montant de ses impôts. Seul élément connu : à peine élu, en mai 2007, le nouveau président avait commencé par augmenter ses indemnités de 172%, en s’octroyant 19 331 euros net par mois. Soit 1,2 millions en cinq ans. De l’argent de poche pour un président logé, nourri et blanchi par l’Elysée.
Sarkozy est encore moins loquace sur les relations financières qu’il entretient avec le cabinet d’avocats Arnaud Claude & Associés, où il a exercé jusqu’en 2002. Cette société, spécialisée dans les affaires immobilières, compte de grands groupes industriels et financiers parmi sa clientèle. Et aussi plusieurs municipalités UMP des Hauts-de-Seine, comme Levallois-Perret, dirigé par l’infernal couple Balkany.
Actions baladeuses
Le Président reconnaît détenir 34% du capital du cabinet. Mais son ancien collègue Arnaud Claude, a certifié au « Parisien », en octobre 2007, que Nicolas Sarkozy lui avait « loué » ses actions durant son mandat élyséen et qu’il ne touchait donc pas de dividende durant cette période. Impossible, en revanche, de connaître le montant de ce loyer. Seule certitude : le nombre d’actions détenues par Sarkozy donnait droit, au total, à 160 000 euros de dividendes pour les années 2008,2009 et 2010 (les résultats de 2011 ne sont pas encore connus).
Autre mystère, la location de ses actions n‘a pas empêché Sarkozy d’assister, en février et en décembre 2010, à deux assemblées générales. Ni de devenir actionnaire à 34% d’une nouvelle société holding, dénommée CSC (pour Claude-Sarkozy-Christofer). Dans la foulée, CSC lui a racheté, pour un montant inconnu, l’intégralité des parts qu’il détenait dans l’ancienne société. Une situation plutôt étrange et inédite pour un président de la République…
Sarkozy n’a pas daigné expliquer non plus une autre surprenante opération. En 2011, la toute nouvelle holding CSC a emprunté une forte somme à une banque. Et Sarkozy s’est porté caution personnelle à hauteur de 554 000 euros.
Des affaires embrouillées à plaisir. La stratégie de Sarkozy consistant à entretenir ce brouillard protecteur. Il aurait tort de se gêner, puisque les déclarations des patrimoines des présidents de la République ne sont pas soumises à vérification et qu’aucune loi ne vient sanctionner les éventuels oublis  et inexactitudes. Toujours la république irréprochable…
Le candidat joue les montres
Au moment de rédiger sa déclaration 2012 de patrimoine, le président sortant a retrouvé partiellement la mémoire. En 2007, à la rubrique « collections, objets d’art, bijoux, pierres précieuses, or », Sarkozy avait simplement répondu « néant ». Cet étourdi avait « oublié », entre autres, les montres de luxe (Rolex, Breguet, Breitling…) qu’il arborait alors au poignet. « Le Canard » et « Le Monde », en avaient recensé au moins quatre, pour une valeur (à l’état neuf) proche de 60 000 euros.
Nicolas Sarkozy confesse désormais posséder des collections de montres (qu’il n’exhibe plus guère en public), d’autographes et de statuettes « estimées à 100 000 euros ». Sans oublier les albums de timbres d’une « valeur affective ». Un vrai sentimental…

 

A propos werdna01

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