Affaire Bettencourt : Sarkozy se dit victime d’une « boule puante »

Le Point – 3 avril 2012 –
Le chef de l’État souligne que ses comptes de campagne de 2007 n’ont été « contestés par personne »…
Nicolas Sarkozy s’est défendu mardi de tout financement électoral illégal de sa campagne présidentielle de 2007 en affirmant que ses comptes n’avaient été « contestés par personne », qualifiant sur Canal+ cette affaire de « boule puante ». « Comme toujours avant la présidentielle, il y a un certain nombre de boules puantes, c’est classique, ça ne surprend personne, ce n’est pas pour autant que c’est avéré », a déclaré Nicolas Sarkozy.
« Je voudrais dire une chose sur les comptes de ma campagne de 2007 (…), ils n’ont été contestés par personne. La commission des comptes de campagne a certifié ces comptes en disant : il n’y a pas un centime dont on se demande d’où il vient, il n’y a pas une dépense dont on se demande par qui elle a été financée », a insisté le président-candidat de l’UMP. « Le Conseil constitutionnel a confirmé ces comptes. Ces comptes de ma campagne de 2007 sont tellement exacts que personne n’y a trouvé à redire, il n’y a pas eu un contentieux. C’est d’ailleurs une des premières fois parce qu’en général, la campagne d’Édouard Balladur, la campagne de Jacques Chirac, campagne des uns, campagne des autres… », a-t-il également relevé.
Coïncidences de dates
« Pourquoi voulez-vous qu’il y ait un financement illégal alors même que recettes et dépenses ont été contrôlées millimètre par millimètre et qu’il n’y pas l’ombre d’une contestation », a insisté Nicolas Sarkozy. Réagissant aux informations de L’Express, le président sortant a indiqué qu’il était « bien sûr » possible qu’il ait rencontré André Bettencourt, le mari de Liliane Bettencourt, en février 2007, avant le premier tour de l’élection présidentielle de 2007. « Sur André Bettencourt, j’ai été vingt ans maire de Neuilly, ils habitaient Neuilly, il a été sénateur pendant que j’étais député, il était dans la majorité, la même que la mienne, jusqu’à présent monsieur Bettencourt, c’était un délinquant ? Ce pauvre homme qui est mort depuis des années », a-t-il réagi.
« Je ne sais pas ce que je faisais il y a cinq ans », a poursuivi Nicolas Sarkozy, « la question c’est : est-ce que vous auriez pu rencontrer André Bettencourt ? Bien sûr. Quel est le problème, quelle est l’histoire, quelle est l’information ? » a-t-il conclu. L’Express a affirmé lundi, sur la foi du carnet intime de Liliane Bettencourt, que Nicolas Sarkozy avait rencontré André Bettencourt en février 2007.
D’autres indices révélés ces derniers jours par la presse mettent en lumière des coïncidences de dates qui seraient cohérentes avec un financement illicite de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007, comme deux rapatriements de fonds de 400 000 euros en liquide depuis les comptes suisses de Liliane Bettencourt en février et avril 2007. Les principaux protagonistes, notamment l’ancien trésorier de l’UMP Éric Woerth ou l’ancien homme de confiance de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, incarcéré depuis le 23 mars, n’ont jamais reconnu un tel financement.

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