Sortir Sarkozy : voici la première et la plus urgente des raisons

Ze Rédac – 11 avril 2012 – RichardTrois

Nous avons toutes et tous, une, dix, vingt raisons pour mettre fin à la présidence de Nicolas Sarkozy. Mais celle que je voudrais évoquer aujourd’hui avec vous me paraît si énorme qu’elle aurait valu au premier salarié venu la mise à pied immédiate et le licenciement pour faute grave.
Cette fois encore c’est une dame, une grande dame qui balance. Ou plutôt qui rappelle une vérité connue de tous mais qui prend à l’heure du bilan un relief exceptionnel.
Anne Lauvergeon, l’ancienne Présidente d’Areva, raconte, dans une interview à l’Express et dans un livre à paraître titré “La Femme qui résiste”, l’irresponsabilité de Nicolas Sarkozy qui a laissé “s’organiser un système de clan, de bandes et de prébendes” et “qui a cherché à tout prix à vendre du nucléaire à des pays où ce n’est pas raisonnable“, particulier à la Lybie de Kadhafi.
A propos de cette volonté de vendre une centrale nucléaire à Kadhafi, Anne Lauvergeon explique :
Nous jouions à fronts renversés: moi, qui aurais dû pousser à la vente, je m’y opposais vigoureusement, et l’Etat, censé être plus responsable, soutenait cette folie. Imaginez, si on l’avait fait, de quoi nous aurions l’air maintenant ! La vente de nucléaire s’accompagne de la création d’une autorité de sûreté capable d’arrêter la centrale en cas de problème. Or, dans un tel régime, un président de l’autorité de sûreté qui n’obéit pas est au mieux jeté en prison, au pire exécuté ! Pourtant, quelle insistance ! A l’été 2010, j’ai encore eu, à l’Elysée, une séance à ce sujet avec Claude Guéant et Henri Proglio… ”.
En quelques mots, Anne Lauvergeon décrit là “un système corrompu“, pour reprendre les mots employés par Ségolène Royal, un système où explique-t-elle “toute stratégie cohérente a disparu au profit du court terme et des intérêts d’un clan. Et des intermédiaires !“.
On se plaint de l’absence de débats au niveau d’un présidentielle ? Voilà un débat dont la gauche ferait bien de s’emparer. Comment en effet pourrait-on reconduire à la Présidence de la République, un Nicolas Sarkozy qui a tout fait pour vendre la technologie nucléaire française à un tyran, dans un pays instable, situé au cœur de la Méditerranée en faisant passer l’intérêt d’un clan avant l’intérêt général et la sécurité à long terme des Français ?
Oui ce débat devrait être public. Les initiés savent qu’il s’est déjà tenu dans les coulisses du pouvoir. Franz-Olivier Giesbert en fait d’ailleurs un compte-rendu hilarant dans son livre “Mr. Le Président, scènes de la vie politique 2005-2011“ pour montrer qu’autour de Nicolas Sarkozy personne n’ose le contredire :
Un jour, lors d’un conseil de défense, où est abordée la question des ventes de centrales nucléaires civiles à l’étranger, François Fillon aborde le casse-tête jordanien :
« je me demande s’il est très judicieux d’installer une centrale nucléaire civile en Jordanie, tout près de la frontière avec Israël.
– Allons, objecte Sarkozy, s’il y a un problème, on peut très bien désactiver les centrales à distance.
– Ah bon » fait le Premier ministre avec ironie.
Sur quoi, le président, piqué, se tourne vers le chef d’état-major des armées :
– “N’est-ce pas qu’on peut désactiver les centrales nucléaires à distance ?”
Les yeux rivés sur ses dossiers, l’amiral n’osera pas objecter, il baissera la tête en la hochant de sorte qu’on ne puisse bien comprendre sa réponse. Le président a toujours raison, même quand il a tort.
La raison du plus fort. Ainsi fonctionne la “France Forte“. Anne Lauvergeon décrit cette force au service des groupes d’intérêts amis de Nicolas Sarkozy, au détriment de la sécurité des Français, de l’intérêt à long terme du pays.
Voilà qui tranche avec l’image de Nicolas Sarkozy telle qu’on essaye habituellement de nous la vendre. Comme lorsque très récemment Le Figaro publiait les résultats d’un sondage démontrant que “le match de la représidentialisation de Sarkozy était en passe d’être remporté“. Le Figaro rapportait ainsi que “sur les 13 thèmes retenus dans ce sondage, le président-candidat arrive devant son adversaire sur 8 d’entre eux dont tous ceux liés à l’exercice du pouvoir, les fameux thèmes régaliens.”
Mais les Français auraient-il cette image s’ils savaient tous comment Nicolas Sarkozy gère vraiment les dossiers régaliens ? Lui qui fait des moulinets pour montrer sa détermination sur le nucléaire iranien mais qui était prêt sans aucun état d’âme à vendre la technologie nucléaire française au triste dictateur libyen.
De l’importance dans le débat final qui s’ouvre de prendre de la hauteur. Le coût du permis est une chose importante pour de nombreux Français, mais la manière dont notre République est confisquée et ces sujets régaliens sont des sujets essentiels dont nous devons nous emparer. En commençant par expliquer à Nicolas Sarkozy que régalien ne trouve pas son étymologie dans le verbe se régaler.

A propos werdna01

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