Trop d’éthylotests gadgets sur le marché

Le Parisien – 16/04/12 – Claire Chantry –

Il faut privilégier les éthylotests portant la mention « Conforme à la norme NF ».

Il faut privilégier les éthylotests portant la mention « Conforme à la norme NF ».
Après le gilet jaune, c’est l’éthylotest qui fera bientôt partie de la panoplie de l’automobiliste. Le décret du 1er mars impose, à partir du 1er juillet, la possession d’un tel appareil pour les conducteurs de voiture et de deux-roues. Mais gare aux appareils bidon. « Les consommateurs doivent être vigilants. Depuis la publication du décret, beaucoup de sites montés à la va-vite proposent des produits douteux.
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Des éthylotests gadgets sans garantie sérieuse, des alcootests chimiques normalement vendus à 1 € et mis en ligne à 5 €. Des appareils numériques à 10 €, alors que des équipements de ce type coûtent aux environs de 100 € », explique Fanny Guibert, journaliste à « 60 Millions de consommateurs », organisme qui a d’ailleurs alerté les pouvoirs publics sur ces dérives. « On a aussi repéré des éthylotests qui utilisent de façon frauduleuse les sigles de la Sécurité routière ou de sa campagne Soufflez, vous saurez, poursuit Fanny Guibert. Certains vendeurs appellent même la Sécurité routière pour savoir s’ils peuvent acheter le sigle! »

Une fourchette de prix allant de 1 à 100 €

Selon l’association I-test, qui regroupe les fabricants de ces matériels, ce sont 150 offres fantaisistes qui sont actuellement sur le marché. « Certaines mettent en avant le marquage CE, alors qu’il s’agit d’un minimum réglementaire qui ne garantit pas la fiabilité du produit. Pour choisir un appareil sûr, il faut privilégier la mention conforme à la norme NF. »
Il faut également faire attention aux prix. A côté des éthylotests chimiques à usage unique à environ 1 € et dont la date de péremption est fixée à environ deux ans, il existe des éthylotests électroniques plus chers — à 100 € en moyenne — et qui sont réutilisables autant de fois qu’on veut. Ces derniers doivent cependant faire l’objet une fois par an d’un recalibrage par le fabricant, moyennant quelques dizaines d’euros, ce qui alourdit la facture de manière significative. Au final, l’investissement est long à amortir, surtout si on ne consomme de l’alcool qu’occasionnellement.

Comment s’y retrouver? « Le décret n’est pas très clair mais il faut comprendre que l’éthylotest doit porter un marquage de certification de type NF contrôlé par le LNE ou une mention de conformité renvoyant vers une de ces normes : NF X 20-702 (éthylotest chimique) ou NF X 20-704 (éthylotest électronique) », précise « 60 Millions de consommateurs ».
Des mentions à regarder de près : selon les essais comparatifs réalisés par le magazine en janvier 2010 sur neuf modèles, seuls deux étaient recommandés. « D’ici à fin avril, nous publierons sur note site la liste des appareils les plus fiables », indique la délégation interministérielle à la Sécurité routière. « D’ici là, le grand public peut se référer aux produits validés par le Laboratoire national d’essais ». Mieux vaut ne pas se tromper, car, à défaut d’avoir sous la main un éthylotest fiable, le conducteur devra s’acquitter, au mieux d’une amende de 11 € au pire, il risque de prendre le volant avec une alcoolémie supérieure à la limite autorisée… tout en se croyant dans les clous.

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