Trouvé dans la rue – Une ministre de Sarkozy perd son discours sur un trottoir : le voici

Rue 89 23/04/2012  François Krug | Journaliste
Avertissement aux ministres de Nicolas Sarkozy : ne laissez pas traîner les textes de vos futurs discours sur les trottoirs ! Ce message s’adresse notamment à Claude Greff, qui doit accueillir le Président-candidat à Tours ce lundi… et dont nous avons ramassé par hasard le brouillon dans la rue. On n’allait pas en priver nos lecteurs.
Ce dimanche, dans la cohue qui a suivi le discours de premier tour de Nicolas Sarkozy, quelqu’un a laissé tomber sur le trottoir de la salle de la Mutualité un document de trois pages, au titre intrigant :  « EDL [éléments de langage, ndlr] pour mot d’acceuil [sic] de Claude Greff. »
Après avoir marché par hasard sur ce papier, on s’apprêtait, en bon citoyen, à le ramasser et le jeter dans une poubelle. Seulement, en bon journaliste, on n’a pas résisté à la curiosité de le lire – et d’en faire ensuite profiter nos lecteurs
L’équipe de Nicolas Sarkozy ne l’a annoncé que tard ce dimanche soir, mais le président-candidat réservera son premier déplacement d’entre-deux-tours, ce lundi, à l’Indre-et-Loire. Claude Greff, secrétaire d’Etat à la Famille et longtemps députée locale, était déjà au courant… et avait déjà préparé l’essentiel de son mot d’accueil.
« Seul contre les médias »

Voici donc les « éléments de langage » élaborés par – ou pour – Claude Greff, qui assure « NS » de son soutien face à « FH » :
« Chers Amis,
Nous voici déjà au lendemain du 1er tour. La partie qui se joue maintenant est décisive.
Et c’est chez nous que NS a décidé de délivrer son premier message pour cette nouvelle page qui s’est ouverte hier soir [dimanche, ndlr].
Ils étaient 9 contre 1.
NS a du [sic] se battre seul.
Contre eux.
Contre les médias.
Contre une propagande savamment organisée par la gauche : rumeurs, contre-vérités… rien ne lui a été épargné.
Mais aujourd’hui les cartes sont rebattues. Rien n’est joué. Les Français ne sont pas de ceux que l’on manipule si facilement.
Qui peut croire que FH peut, dans un contexte économique instable, affirmer la place de la France ?
Qui peut croire que notre épargne est à l’abri ?
Qui peut espérer pour la France le même destin que la Grèce, l’Italie ou l’Espagne ?
Qui peut accepter la remise en question de notre modèle social ?
Nous aimons trop la France pour laisser détruire notre modèle social, notre protection sociale, notre politique familiale. Ce système qui fait partie de notre quotidien, qui est une évidence mais que NS a sauvé pendant la crise. Croyez bien qu’aujourd’hui, plus que jamais, nos voisins nous envient d’avoir une assurance-chômage, des retraites qui n’ont pas diminué, des allocations familiales régulièrement revalorisées. Demandez à nos amis grecs s’ils ne nous envient pas notre gouvernement qui a agit [sic] avec lucidité et courage.
Ce soir, je pose à FH ces questions :
Avec qui allez-vous vous allier pour gouverner ?
Avec ceux qui vont vous imposer un smic à 1 700 euros et tuer ainsi nos PME ?
Avec ceux qui s’opposent aux licenciements ?
Avec ceux qui réclament un droit du sol intégral : “né en France, Français” ?
Avec ceux qui ont eu comme slogan : “Contre la précarité, le droit au bonheur !” ?
Avec FH, nous allons dans le mur : le mur de la perte de la compétitivité de nos entreprises, le mur de la faillite de nos retraites, le mur de la dette…
Qui peut croire que ce sont 60 000 postes de professeurs qui vont stopper l’échec scolaire ?
Qui peut croire que lutter contre les discriminations, c’est accorder le mariage aux homosexuels ?
Qui peut croire que le contrat de génération est la réponse au chômage des jeunes et à celui des séniors [sic] ?
Pas nous.
La France mérite mieux.
La France doit rester une grande puissance. Cela suppose du courage, de l’audace, de la liberté.
Ici, nous disons à Nicolas : tu peux compter sur nous ! »

 Claude Greff (Famille), Marie-Anne Montchamp (Solidarité), Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie) en août 2011 (Eric Gaillard/Reuters)
 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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