Sarkozy annonce une fin de campagne à la ‘’sulfateuse’’ – Débandades ministérielles

Le Canard enchaîné du mercredi 25 avril
Après le premier tour – Les « petits  » potins du Canard 
Après un moment d’abattement dimanche au milieu de l’après-midi, alors que tombaient les premières estimations, Sarkozy s’est vite ressaisi. C’est l’inévitable Patrick Buisson qui a trouvé les mots pour remonter le moral du chef et celui des très proches :
« On peut encore gagner, s’est écrié l’ancien responsable d’extrême-droite. Une chance existe si on en finit avec nos pudeurs de pucelles. Salissez-vous les mains, allez chercher les voix lepénistes, même si elles vous dégoûtent !
A 19 heures ce même dimanche, Sarkozy, « de très mauvaise humeur », parait-il, réunissait son staff de campagne :
«  J’avais identifié une France à droite, a –t-il commencé. Je savais que Marine Le Pen serait haut. Si je n’avais pas fait cette campagne, elle serait devant moi. On aurait eu un 21 avril à l’envers ».
Deuxième tirade du même : le bloc de gauche est largement au-dessous de ce que prévoyaient les sondeurs, qui une fois de plus se sont plantés. Le rapport droite-gauche n’est pas du tout écrasant et le socle de droite plus important que celui de gauche. Encore un peu et Sarkozy expliquerait que le FN fait partie de sa majorité présidentielle.
Troisième antienne : « Une nouvelle campagne commence. Il y avait jusque-là neuf candidats pour me taper dessus, sans parler des médias. Maintenant avec hollande, on va être mano à mano, et ça va cogner ».
Et Sarkozy, d’annoncer que, façon puzzle, « Hollande je vais me le faire exploser, le défoncer. Je vais sortir la sulfateuse. Vous croyez qu’il se gêne avec moi ? Allez-y, n’ayez pas peur de salir votre joli costume ! Utilisez, vous aussi la sulfateuse ! »
Sarkozy a peut-être trop regardé  ‘’ les tontons flingueurs’’.   On tremble de peur…

 Le Maire à l’écurie

Au cours de la même réunion, au QG de campagne, Sarkozy a mis un bon coup de fourche au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.
Aux yeux du candidat de l’UMP, Bruno Le Maire a insuffisamment mobilisé les agriculteurs. « Les sondages me donnaient à 75 % chez les paysans, a –t-il tempêté, Or je sors à 60 %. Ils sont où les 15% manquants ? » Le maire a été ainsi prié de mettre ses bottes en caoutchouc et de passer les quinze prochains jours au cul des vaches. Chirac au moins il savait y faire.

Débandades ministérielles

Neuf ministres sarkozystes – maires ou conseillers municipaux – ont vu leur ville placer Hollande au-dessus du président-candidat. Preuve qu’on n’est pas forcément prophète en son pays
« François hollande a peur d’un face-à-face avec Nicolas Sarkozy ! » s’époumonait Nathalie Kosciusko Morizet, ministre de l’Ecologie et maire de Longjumeau ( Essonne). 32,51 % des voix, contre 25,69 % pour le sortant.
« Rien n’est joué ! » a lancer de son côté Alain Juppé, ministre des Affaires Etrangères, au soir du premier tour. En revanche, l’affaire était pliée dans sa bonne ville de Bordeaux ( 33,05 % pour  Hollande, contre 28,68 % pour Sarko).
Nadine Morano, chargée de l’Apprentissage et de la Formation Professionnelle, a fait sensation en déclarant, en direct sur TF1 : « Je voudrais parler aux électeurs de Marine Le Pen ». La conseillère municipale de Toul sait de quoi elle parle, avec une extrême droite à 24,43% dans sa ville de Meurthe et Moselle, juste derrière Sarko (26,11%) et Hollande (27,10%).
Au Puy en Velay (Haute-Loire), le Maire et ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, n’a pas pu empêcher la victoire socialiste (32,09 % contre 27,77% ).
Pareil pour Luc Chatel, ministre de l’Education et maire de Chaumont ( Haute-Marne), dont le héraut est défait par un Hollande en pleine forme (29,23 %contre 26,87%).
Dégelée pour Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, dont la solidarité discrète avec le candidat de l’UMP n’a pas suffi, à Angers (Maine-&-Loire), qui a boudé Sarko ( 33,51% pour  Hollande contre 26,88%).
Raclée à Evreux (Eure) pour Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture (32,19% contre 24,58, et à Châlons-en-Champagne ( Marne) où l’adjoint au Maire Benoist Apparu a vu Hollande distancer son super-président (27,91% contre 26,10% )
Pour Xavier Bertrand, ministre du Travail et maire de Saint Quentin (Aisne), c’est carton plein, puisque Hollande s’impose non seulement dans sa ville (30,25% contre 25,82%), mais aussi dans l’ensemble de la circonscription, avec 27,10% pour le socialiste et 24,20% pour Sarko, Le Pen s’intercalant entre les deux, avec 26,33% des voix.
 
A Donzère (Drôme), les électeurs ont renvoyé dos à dos Hollande (23, 72%) et Sarkozy, (23,06%), portant Le Pen en tête à (30,61%. Il faut dire qu’avec Eric Besson pour maire ils ont eu un peu de mal à suivre …

 

 Les perles de Wauquier

Le ministre de l’Enseignement supérieur Laurent Wauquier, a livré ses états d’âme, le 16 avril devant des journalistes :
« Dans notre famille, a-t-il affirmé, nous ressemblons à un coq sur son tas de merde qui crie : « Europe, Europe Europe ! Alors que sur l’Europe il fallait sortir le thème du protectionnisme européen. Sarko aurait dû aussi parler d’essence. On ne pouvait pas faire une campagne sans parler d’essence. L’idée des réserves stratégiques, trouvée par Bruno Le Maire, ce n’est pas ce qu’il fallait dire. Les mecs se sont dit : «  non seulement l’essence augmente, en plus, ils nous planquent des réserves stratégiques ».
Sarkozy, pour qu’il gagne, il faudrait qu’il passe par un chas. S’il perd il part. Pour lui, il vaut mieux qu’il parte. Ce n’est peut-être pas exclu qu’il soit candidat en 2017, mais c’est un scénario de retour qui s’est rarement réalisé dans la vie politique française ».
Giscard peut en témoigner. 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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