Cortèges, contre-cortèges : la France coupée en 3

Le Monde 02 mai 2012

En 2002, le 1er-Mai était placé sous le signe de la lutte anti-FN en raison de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Dix ans après, le contexte électoral reste fort mais se transforme : le président-candidat Nicolas Sarkozy a voulu couper l’herbe sous le pied du Front national, et de son traditionnel défilé en l’honneur de Jeanne d’Arc, en tenant un meeting du 1er-Mai centré autour de la « valeur travail« .
Il s’agissait, par la même occasion, de ne pas laisser les syndicats occuper le terrain, à cinq jours du second tour. Sur la place du Trocadéro, à Paris, il a en effet revendiqué le droit de manifester ce jour-là sous les « drapeaux tricolores« , saluant les manifestants – 200 000 selon l’UMP – et exhortant les syndicats à « poser le drapeau rouge et [à servir] la France ! « , tout en reconnaissant que ceux qui défilaient aux côtés des syndicats le faisaient « non pas pour le travail mais contre nous« .

Au même moment, 750 000 salariés, selon la CGT – soit plus de six fois plus qu’en 2011 – ont défilé dans tout le pays. Mais au-delà des traditionnelles revendications sociales, la Fête du travail a viré à la démonstration anti-Sarkozy. Bernard Thibault, le leader de la CGT, a notamment fustigé la décision du président-candidat de s’emparer du 1er-Mai.
François Hollande, de son côté, s’est rendu à Nevers pour un hommage à l’ancien premier ministre Pierre Bérégovoy. Il a rappelé que ce jour symbolique était bien « la fête des syndicalistes« , et qu’il ne saurait être associé « à une bataille contre le syndicalisme« .
 La présidente du FN, Marine Le Pen, a quant à elle annoncé qu’elle voterait blanc, laissant ses électeurs choisir entre les deux finalistes.

A propos kozett

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