De Karachi à Kadhafi, ces « affaires » qui minent l’entre-deux-tours de Sarkozy

Francetv.fr – 30 avril 2012 – Camille Caldini
Le président candidat, en meeting à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), le 28 avril 2012.
Le président candidat, en meeting à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), le 28 avril 2012.
(ROBERT PRATTA / REUTERS)
Bettencourt, Karachi, Kadhafi. Les noms de ces trois « affaires » qui gênent Nicolas Sarkozy se succèdent à intervalle régulier dans les médias, sans avoir jusqu’à présent réellement plombé la campagne du président candidat. Mais il a annoncé lundi 30 avril son intention de porter plainte contre le site Mediapart, qui l’accuse d’avoir reçu 50 millions d’euros de Kadhafi pour sa campagne en 2007, ce qui pourrait donner lieu à une procédure avant le second tour. Que risque Nicolas Sarkozy à cause de ces « affaires » ?
L’affaire Kadhafi
Un document daté du 10 décembre 2006, publié par Mediapart samedi, indique que le régime Kadhafi aurait débloqué une somme de 50 millions d’euros pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. La note, dont le signataire affirme qu’il s’agit d’un faux, ne précise pas si le financement a effectivement eu lieu. Nicolas Sarkozy, qui a qualifié ces soupçons de « grotesques », a annoncé qu’il allait porter plainte contre Mediapart cette semaine.
• Que risque-t-il ?
Tant qu’il est président, Nicolas Sarkozy ne risque rien juridiquement. Son immunité l’empêche d’être mis en cause et interdit aux juges d’enquêter sur lui nommément concernant des actes extérieurs à sa fonction. L’article 67 de la Constitution, modifié en février 2007, précise que le président de la République « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ». En cas de réélection, Nicolas Sarkozy aurait donc encore cinq ans devant lui sans pouvoir être interrogé sur le financement de sa précédente campagne. 
L’affaire Bettencourt
En 2007, Eric Woerth, trésorier de l’UMP et de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle, a rendu visite à l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt. L’ancienne comptable de la milliardaire affirme que le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, aujourd’hui en prison, lui a demandé 150 000 euros en liquide pour les remettre à Eric Woerth. Une somme très supérieure aux dons autorisés dans le cadre d’une campagne électorale.
Par ailleurs, l’ex-comptable des Bettencourt a affirmé qu’un témoin avait vu Nicolas Sarkozy en personne recevoir de l’argent. Le témoin en question, ex-infirmière de Liliane Bettencourt, avait démenti. Mais L’Express a révélé, début avril, que la mention « A 12 heures Pour Monsieur Nicolas S. Pour information«  figurait sur l’agenda de la milliardaire à la date du 24 février 2007. 
• Que risque-t-il ?
Comme l’a expliqué L’Express le 28 mars, « derrière le nom de Woerth, c’est celui de Nicolas Sarkozy qui s’inscrit en filigrane ». Mais « pour être inquiété, il faudrait toutefois qu’Eric Woerth cite nommément le chef de l’Etat dans cette affaire ». Ce qui est peu probable. « Eric Woerth jouera le rôle de fusible », assure à l’hebdomadaire Christian Eckert, vice-président du groupe PS à l’Assemblée. A moins que les juges d’instruction parviennent à prouver que Nicolas Sarkozy a lui-même reçu de l’argent.
L’affaire Karachi
Pendant sept ans, la justice a soupçonné Al-Qaïda d’être derrière l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi, au Pakistan, contre des employés de la Direction des constructions navales (DCN), qui a fait 14 morts, dont 11 Français. Mais depuis 2009, c’est la thèse d’un règlement de comptes lié au non-versement de commissions par l’Etat français qui est privilégiée. Cette enquête a mis au jour des mécanismes occultes qui pourraient avoir financé illégalement la campagne d’Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.
• Que risque-t-il ?
En 1994, lors de la signature des contrats avec le Pakistan, Nicolas Sarkozy occupait le poste de ministre du Budget. C’est à ce titre qu’il a validé la création de Heine, une société offshore luxembourgeoise par laquelle auraient transité les rétrocommissions. Et pendant la campagne de Balladur, il n’aurait pas été qu’un simple porte-parole. Mais, selon les précisions de l’Elysée en septembre 2011, Nicolas Sarkozy « n’a jamais dirigé la campagne d’Edouard Balladur » et n’a « jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne ».
Pour le moment, il s’agit plus d’une bataille de l’image pour le président, dont plusieurs proches ont été mis en examen dans cette affaire. Nicolas Bazire, témoin de son mariage avec Carla Bruni, a été mis en examen en septembre 2011, de même que Thierry Gaubert, ami et chef de cabinet de Nicolas Sarkozy à Bercy en 1994, et l’intermédiaire Ziad Takieddine.

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