Election présidentielle – Bouleversements

par Françoise Fressoz, journaliste et éditorialiste au Monde 4 mai 2012
On sent qu’il se joue à travers cette élection présidentielle autre chose que le simple choix d’un homme pour gouverner le pays.
Des bouleversements plus profonds sont à l’oeuvre qui résultent à la fois des circonstances et de mouvements plus anciens. Les tensions apparues à droite depuis le premier tour dimanche 22 avril, qui a placé Marine le Pen en troisième position derrière François Hollande et Nicolas Sarkozy avec 17,9 % des suffrages exprimés, sont le révélateur d’une situation critique pour elle.
La droite redécouvre que depuis le tournant de la rigueur de 1983 elle n’a cessé de vivre sous la pression d’une extrême droite qui redresse la tête à chaque fois que la crise économique s’intensifie. L’incapacité de Nicolas Sarkozy à renouveler son exploit de 2007, c’est-à-dire à capter en sa faveur une grande partie de l’électorat lepéniste, a mis fin à ses illusions.
La droite redécouvre qu’elle devra vivre avec une Marine Le Pen forte, comme elle avait du vivre avec un Jean-Marie Le Pen fort. Du coup les boussoles s’affolent, l’UMP tire à hue et à dia avec ceux qui, d’un côté, courent après le Front national et sont prêts à se laisser séduire par lui et, de l’autre côté, ceux qui résistent.
Et puis, dans la famille centriste, il y a ceux qui tranchent carrément le noeud
et décident de basculer du côté de François Hollande.
François Bayrou a fait ce choix. Au nom de son éthique personnelle mais peut être aussi d’un calcul plus politique que peut à terme partager la famille humaniste. Face à la montée du populisme, l’idée de grandes coalitions démocrates de centre gauche et de centre droit chemine.
Il lui faudra sans doute des années pour s’imposer et l’aide de la proportionnelle pour s’installer. Mais l’aventure n’est pas à négliger, d’autant qu’à gauche aussi la tentation centriste existe, souvent repoussée mais jamais terrassée.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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