Fleur Pellerin – Cette énarque et conseillère à la Cour des comptes vient d’être nommée ministre déléguée chargée de l’Economie numérique. Portrait.

High Tech  – La ministre geek

Fleur Pellerin a été nommée ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique.
Nouvel Obs  Portrait publié le 16 mars :
Sous sa frêle apparence et son look rock-n-roll, Fleur Pellerin est une bûcheuse. D’entrée, cette conseillère à la Cour des comptes prévient : « Je ne suis pas là parce que je suis une femme ou parce que j’ai les yeux bridés, mais parce que je suis compétente ». Là aussi par le soutien de François Hollande – qu’elle connaît depuis deux ans – et de son « ami » Pierre Moscovici, le directeur de campagne. A 38 ans, Fleur Pellerin se paye même le luxe de refuser d’être candidate aux prochaines élections législatives. Elle réclame « un sujet de fond » : la Culture ou l’économie numérique. Hollande lui offre le second.
Après Rachida Dati ou Rama Yade, le Club XXIe siècle, qui vise à promouvoir la diversité et dont elles ont été toutes les trois présidentes, tient sa nouvelle égérie.
Fleur Pellerin devient la seule chef de pôle issue de la société civile dans l’équipe Hollande. De quoi susciter de nombreuses critiques (surtout à droite) qui mettent en doute sa connaissance du sujet. Fleur Pellerin se justifie en rappelant son parcours. Née en Corée du Sud et adoptée à l’âge de six mois, elle obtient son bac à 16 ans, étudie l’économie à l’Essec, enchaîne avec Sciences Po, pour sortir de l’Ena à 26 ans. Arrivée à la Cour des comptes, la brillante jeune femme s’occupe d’économie numérique et surtout de culture.

« J’ai beaucoup d’estime pour elle »
Dans cette campagne (sa troisième avec le PS), elle décide de gagner, de mériter, sa nomination par le travail. « Comme je n’ai pas de légitimité élective, je dois me forger une légitimité dans le boulot », explique-t-elle. Et pour bosser, Fleur Pellerin bosse. Ses collaborateurs sont unanimes : « C’est dingue, elle ne s’arrête jamais… » Elle réunit autour d’elle une quarantaine de personnes pour couvrir la large palette de l’implication du numérique dans la société : culture, télécoms, éducation, énergie, santé… Une grosse équipe que l’énarque gère avec exigence depuis son BlackBerry et son iPhone. « Fleur gère son équipe comme un patron de start-up : en déléguant mais en gardant un œil sur tout », décrit l’un de ses proches collaborateurs.
Le tout avec le souci du détail d’un horloger suisse, modifiant chaque virgule des communiqués de presse. « C’est un bourreau de travail », renchérit l’un de ses conseillers. « Si elle n’était pas la plus grande spécialiste du numérique au début, maintenant elle l’est », ajoute-t-il.
Un constat que confirment plusieurs de ses interlocuteurs, des télécoms aux artistes. « De mes rencontres avec Fleur, je retiens l’image de quelqu’un posé, sans idées préconçues et à l’écoute », estime Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad, maison-mère de Free. « Elle connaît bien les sujets qui nous préoccupent, comme la fiscalité du numérique. »
Même son de cloche du côté de Pascal Rogard, directeur de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). « J’ai beaucoup d’estime pour elle. Malgré mon mauvais caractère, on s’entend très bien. C’est une personne à l’écoute qui a joué un grand rôle dans la réconciliation entre la gauche et les artistes », avance-t-il.
« Au début c’était compliqué… »
Pleine d’énergie, Fleur Pellerin a su convertir François Hollande au numérique. Au-delà du candidat, toute l’équipe de campagne s’est ralliée à la bûcheuse. Quelques anicroches ont toutefois lieu avec Aurélie Filippetti, chargée de la Culture, sur le dossier Hadopi. « Au début, c’était compliqué », reconnaît Fleur Pellerin, « mais maintenant nous travaillons ensemble. » Un discours policé après une bataille interne sur le financement de la culture numérique et l’après-Hadopi qui a énervé jusqu’à Hollande. Les querelles terminées, les deux femmes travaillent de concert pour élargir l’offre légale, lutter contre la contrefaçon commerciale et trouver de nouvelles sources de financement pour les ayants droit et la création à venir.
Malgré son côté « bon petit soldat », selon ses termes, Fleur Pellerin ne manque pas d’humour. « Elle est sympa et cool », confirme l’un de ses collaborateurs. La chargée d’économie numérique passe, au fil des questions, d’une dénonciation de la carte d’identité biométrique à l’économie du jeu vidéo, gratifiant d’une imitation des « Lapins crétins ». Bref, Fleur Pellerin a tout pour plaire. 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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