Les ambitions après l’échec – La triple crise de l’UMP

25/05/2012 par Françoise Fressoz, journaliste et éditorialiste au Monde
On attendait le déclenchement des hostilités après les législatives des 10 et 17 juin mais la bagarre a déjà commencé.François Fillon veut prendre le contrôle de l’UMP, lors du congrès prévu à l’automne. En pleine campagne électorale, il a déclaré la guerre au secrétaire général Jean-François Copé, s’attirant en retour un carton jaune d’Alain Juppé appelant tout le monde à l’unité.
Ce que vit aujourd’hui l’UMP est du même ordre que la triple crise qu’avait traversée le Parti socialiste au lendemain de la défaite de Lionel Jospin en 2002.
C’est d’abord une crise du leadership : la fin du magistère autoritaire exercé par Nicolas Sarkozy sur la droite a pour effet de libérer les ambitions de façon très brutale.
Le sage François Fillon s’est déclaré tôt, au risque de perturber la campagne des législatives, car il sait que beaucoup d’autres sont tapis dans l’ombre. Derrière le contrôle du parti se joue la présidentielle de 2017 à laquelle songent non seulement François Fillon et Jean- François Copé mais aussi Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Baroin et probablement beaucoup d’autres encore. 
C’est ensuite une crise du projet : l’UMP, née en 2002 du rapprochement entre le RPR, l’UDF et Démocratie libérale, n’a pas réussi à faire synthèse. Une partie flirte ouvertement avec les thèmes d’extrême droite, l’autre, beaucoup plus centriste, résiste avec le sentiment d’avoir été brimée durant ces cinq dernières années.

C’est enfin une crise des alliances : l’UMP a été créée par Jacques Chirac et Alain Juppé en réaction à la qualification de Jean- Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002. Elle a été conçue comme une barrière anti-Front national.
Le bon score de Marine Le Pen a la présidentielle de 2012 remet en cause cette croyance et place sous pression le parti tout entier.
Le plus grand danger pour l’UMP serait d’exploser sous l’effet combiné de la guerre des ego et de l’absence de ciment idéologique, car alors la présidente du Front national pourrait prétendre recomposer à sa main le paysage de la droite.
Pour éviter cela, des remèdes existent. Ce sont exactement ceux qu’ont adoptés les socialistes après avoir beaucoup tâtonné. D’abord instituer de vrais courants au sein de l’UMP pour faire vivre le débat et donner l’impression à chacun d’exister. Ensuite, déconnecter la question de la présidence de l’UMP de celle de la présidentielle de 2017 : le candidat ne serait pas automatiquement le président du parti. Il serait désigné par le biais de primaires ouvertes, exactement comme l’a été François Hollande.
Alain Juppé, qui défend ce type de scénario, n’a pas mis longtemps à rompre avec Nicolas Sarkozy qui, durant toute la campagne de la primaire socialiste, n’avait cessé de moquer l’exercice. 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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