Radars tronçons : trois nouveaux radars, au système infrarouge, installés mesurant la vitesse sur près de 5 kms

 Sud-Ouest 03/08/2012 Par Jean-Michel Desplos

Nouveaux radars : la vitesse toujours plus flashée

Trois radars tronçons ont été installés en France, dont un à Pujols, en Lot-et-Garonne. Ces nouveaux appareils mesurent la vitesse moyenne des conducteurs sur une section de plusieurs kilomètres

 L’été, il n’y a pas que les tournesols qui fleurissent au bord des routes. Ce mois d’août vient de voir éclore un nouveau dispositif de contrôle pour sanctionner la vitesse au volant : le radar tronçon. Après une période d’essai, trois appareils sont actuellement en service dans l’Hexagone.
L’un de ces radars est installé dans la région, sur la RN 21, à Pujols, en Lot-et-Garonne, dans le sens Agen-Villeneuve-sur-Lot. Ces nouveaux radars ne flashent pas car ils fonctionnent à l’aide d’un système infrarouge. Ils contrôlent l’ensemble des véhicules sur une section de plusieurs kilomètres. À Pujols, le radar mesure la vitesse moyenne sur un tronçon de 4,9 km.
En allongeant la zone de contrôle de la vitesse, ces équipements ont pour but de lutter contre le comportement dangereux de certains conducteurs, qui freinent à l’approche d’un radar et accélèrent après l’avoir dépassé. Les nouveaux radars sont installés dans des endroits où les forces de l’ordre constatent de multiples infractions. Ce qui est le cas à Pujols, où, depuis l’ouverture en 2010 de la déviation à 2 × 2 voies, de gros excès de vitesse ont été sanctionnés. L’année dernière, le 15 août, 17 automobilistes ont été flashés par les policiers au moyen de jumelles radar.
Sur le pont d’Aquitaine
Sur une portion limitée à 110, l’un d’entre eux a été pris à 178 kilomètres/heure, mais le record sur cette section a été établi par un motard, à 187 kilomètres/heure. Les autorités n’ont pas tardé à réagir et à déployer un radar tronçon, qui devrait surprendre plus d’un conducteur trop pressé. D’ici à la fin de l’année, 40 de ces appareils seront installés sur l’ensemble du territoire, dont un sur le pont d’Aquitaine, à Bordeaux.
Car la vitesse reste l’une des principales causes d’accidents mortels, avec l’alcool. Depuis le lancement des premiers radars – le « contrôle sanction automatisé » (CSA) -, en 2003, le nombre de tués a considérablement chuté. Il est passé de 7 245 en 2002 à 3 970 en 2011, selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr). La prise de conscience est bien réelle. Avec le contrôle automatique, le conducteur se responsabilise car la probabilité d’être flashé augmente tandis que les interventions extérieures diminuent.
Toutes les photographies sont envoyées au Centre national de traitement des infractions (CNT), basé à Rennes. Celui-ci gère l’ensemble des infractions routières. En moyenne, chaque jour, 45 000 messages d’infractions relevées par les radars automatiques parviennent au CNT, qui reçoit chaque année plus de 3 millions de lettres de contestation.
Vidéocodage
Après un examen des images par deux logiciels de reconnaissance de formes qui déterminent automatiquement le numéro de la plaque d’immatriculation du véhicule incriminé, les policiers et les gendarmes du Centre automatisé de constatation des infractions routières (Cacir) – tous officiers de police judiciaire – ont pour mission de constater l’infraction. La procédure d’édition de la contravention passe ensuite par la vaste salle de vidéocodage, où sont vérifiées les plaques minéralogiques des voitures flashées. Chaque numéro est saisi par deux opérateurs et vérifié par un troisième. L’avis de contravention est ensuite imprimé automatiquement sur deux machines ultrarapides, et posté dans la foulée par le bureau de poste installé sur place. L’automobiliste reçoit son PV en moyenne dans les cinq jours après avoir commis l’excès de vitesse.
Neuf ans après le lancement du CSA, de nouvelles générations de radars ont vu le jour. À l’heure actuelle, plus de 3 700 sont en service, et l’objectif avoué de Frédéric Péchenard, délégué interministériel à la Sécurité routière, est d’atteindre le chiffre de 4 000 à la fin de l’année 2012.
Différents types d’appareils
Policiers et gendarmes sont également dotés de radars embarqués à bord de véhicules banalisés, arrêtés sur le bord des routes. Ils ne signalent pas leur présence, et le choix des points de contrôle est décidé par le préfet de chaque département, en lien avec les forces de l’ordre. « Ces radars permettent de s’adapter ponctuellement aux circonstances, en fonction de l’état du trafic », explique un motard de la gendarmerie.
Récemment sont apparus les radars discriminants. Il s’agit d’appareils très discrets, capables de différencier les catégories de véhicules, et notamment les poids lourds, afin de contrôler les limitations de vitesse spécifiques selon la catégorie d’usagers. L’un de ces radars a été installé sur l’autoroute A 62, à Aiguillon (47), en direction de Toulouse. Deux autres ont été déployés sur l’autoroute A 63, à Cestas et à Salles. Ces appareils sont précédés de radars pédagogiques qui affichent la vitesse en vert si le conducteur est en deçà de la limite, en rouge au-delà jusqu’à un plafond de 20 kilomètres/heure. Les radars pédagogiques peuvent aussi être implantés dans des zones de danger où il n’y a pas de radar fixe.
Également sur les chantiers
Enfin, les radars aux feux rouges ont fait leur apparition en 2010 et font désormais partie du paysage des principales villes. En Aquitaine, on en compte 47, et 123 pour la vitesse. « Nous suivons ces questions de très près car nous enregistrons de plus en plus de réclamations », constate Yves Albert, directeur de l’Automobile Club du Sud-Ouest (ACSO), à Bordeaux, qui intente souvent des recours auprès de l’officier du ministère public.
Autre nouveauté : les radars chantier. Comme leur nom l’indique, ces appareils contrôlent la vitesse sur les zones de chantier, où les limitations sont rarement respectées. L’un de ces appareils sera mis en place le mois prochain en Gironde, à Artigues-près-Bordeaux, lors du début des travaux sur la RN 89.
Et bientôt aux gares de péage ?

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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