Bordeaux : Contraventions : « tous les secteurs sont contrôlés, et cela tous les jours »

Sud- Ouest 04/08/2012 Par Emmanuelle Mesplède

Le nombre de PV explose

En un an, le nombre de contraventions a doublé, passant de 14 700 à 29 000 par mois. Une multiplication des papillons due aux procès-verbaux électroniques
En ville, des binômes vêtus d’uniformes bleus, casquettes vissées sur la tête, arpentent les rues, un drôle de boîtier en mains. Sur leur dos, un sigle rouge : ASVP. Les agents de surveillance de la voie publique sont de plus en plus visibles dans l’agglomération, car depuis janvier, « tous les secteurs sont contrôlés, et cela, tous les jours », précise Nicolas Andreotti, directeur de la police municipale.
Deux fois plus de PV
Entre juillet 2011, et juillet 2012, le nombre de verbalisations pour les stationnements a doublé : 14700 contraventions distribuées en juillet de l’an passé, contre près de 29 000 pour le même mois de cette année. Et le responsable de cette augmentation, c’est justement ce boîtier électronique que les agents ont en mains. Depuis leur apparition, plus de feuillet vous indiquant le montant de votre amende : un petit papier jaune vous annonçant que vous recevrez un courrier directement chez vous l’a remplacé.
« Depuis janvier de cette année, les ASVP sont équipés d’une machine qui permet de délivrer des procès-verbaux électroniques », explique Nicolas Andreotti. Il poursuit : « Avant, remplir le bout de papier que l’on laissait sur les pare-brise prenait entre deux et trois minutes, alors que maintenant, le système est beaucoup plus rapide, il permet de mettre deux fois moins de temps. »
Première infraction punie : le non-respect des zones à parcmètre. « 90 % des verbalisations concernent le payant, les 10 % restants correspondent aux stationnements dangereux et gênants », constate le directeur de la police municipale.
Si le nombre de contraventions a doublé, Nicolas Andreotti veut mettre fin « à la paranoïa » qui laisse penser que ces ASVP seraient poussés par l’appât du gain. « Absolument aucun centime de ces contraventions ne revient dans les caisses de la ville. Tout cet argent va directement à l’État, et une partie seulement est reversée à la CUB, mais pas à nous », assure le directeur. « Ca nous coûte même de l’argent de verbaliser ! Entre le salaire des ASVP, le prix des boîtiers, etc. », ajoute-t-il.
« Pas l’objectif »
Le but premier de la police municipale : augmenter le taux de rotation sur les places payantes. « Certaines personnes arrivent, trouvent une place, et y stationnent leur véhicule toute la journée, voire plusieurs jours, et ce n’est pas possible. »
Pas possible au regard du deuxième objectif : « Réduire la part de véhicules à Bordeaux, dans l’hyper-centre. Nous cherchons à faire en sorte que les Bordelais privilégient les transports en communs et les déplacements doux, comme les vélos par exemple, plutôt que leur voiture. » Nicolas Andreotti ajoute : « Notre objectif n’est pas de verbaliser à tout prix. »
Mais un nouveau problème se pose aujourd’hui. Les zones payantes sont désertées, au bénéfice de stationnements gênants et donc verbalisés dans les rues gratuites avoisinantes… Un cercle vicieux.
Le mois d’août gratuit, c’est bien fini
Trouver une place dans le centre, et y stationner, sans se poser de question, pendant un mois. Les Bordelais se rappellent encore avec plaisir et nostalgie la période où le stationnement était gratuit dans la ville, au mois d’août. Cela aura duré dix ans : entre 1999 et 2009. Mais il y a trois ans, Alain Juppé, le maire de Bordeaux, a mis fin à cette mesure, « qui empêchait la rotation des voitures ». Et représentait surtout un important manque à gagner pour les finances de la collectivité.
N’en attendez pas trop : le retour à cette gratuité d’un mois n’est pas à l’ordre du jour. « Bordeaux est devenue l’une des villes, voire la ville la plus attractive de France après Paris. Alors avec l’afflux monstrueux de touristes chaque été, la gratuité n’est vraiment plus possible, et absolument pas envisageable », explique Nicolas Andreotti, directeur de la police municipale de Bordeaux.
La décision de rendre le mois d’août gratuit pour le stationnement avait été prise alors que Bordeaux était encore « la Belle endormie ». « Aujourd’hui, la ville est plutôt devenue la Belle qui se réveille, ou qui est bien réveillée ! », plaisante Nicolas Andreotti.
En 2009, Alain Juppé avait aussi justifié l’arrêt de cette gratuité par le fait qu’en dix ans, les transports en commun s’étaient largement développés dans l’agglomération, notamment avec l’arrivée du tramway, en 2003. Pour les habitants du centre-ville avec voiture, il reste toujours l’option abonnement « résidant », à 15 euros par mois. 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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