Réseau social : « Que sont devenus les people qui soutenaient Sarkozy en 2007 ? – Poser la question, c’est déjà y répondre. »

Sud-Ouest le 05/08/2012 Par Christophe Loubes

People : un après-Sarkozy amer

2007 avait vu une forte mobilisation de personnalités du spectacle en faveur du candidat UMP. Leur carrière en a souvent été affectée, voire brisée.
 
Faudel avec Nicolas Sarkozy en 2004. Aujourd’hui, le chanteur regrette d’avoir été « l’Arabe de service ». (photo Olivier Corsan)
 Discussion sur un fameux réseau social : « Que sont devenus les people qui soutenaient Sarkozy en 2007 ? – Poser la question, c’est déjà y répondre. »
Il y a cinq ans, on trouvait une vingtaine de personnalités du spectacle derrière le candidat UMP, dont certaines ont pu surprendre : le rappeur Doc Gynéco, l’humoriste Dominique Farrugia ou encore l’acteur Gérard Depardieu, connu jusque-là pour ses engagements à gauche… Or la liste s’est considérablement réduite pour la dernière présidentielle : Mickaël Vendetta, révélé par l’émission « La Ferme célébrités », l’actrice érotique Virginie Caprice, qui d’autre ?
« Un cas isolé »
Si Didier Barbelivien ou Enrico Macias n’ont jamais renié leur amitié pour Nicolas Sarkozy, Michel Sardou déclarait en 2010 « y avoir cru mais ne plus y croire ». « Ça coûte très cher de prendre parti, considère Jean-Marie Bigard. Certaines municipalités ont ensuite refusé de me louer des salles. » Mais c’est sans doute Faudel qui a opéré le revirement le plus net. Dans une interview au « Parisien » en 2010, le chanteur de raï regrettait d’avoir été « l’Arabe de service » : « Le discours sur la diversité me séduisait. […] Il y avait des gens de couleur au gouvernement. Mais, quand tu compares le discours et les actes… »
Serait-il dangereux pour un artiste de soutenir un homme politique ? Selon un récent sondage Harris Interactive, 71 % des Français inscrits sur les listes électorales pensent qu’un tel soutien est plutôt une mauvaise chose pour l’artiste, mais ils sont 47 % à estimer que c’est plutôt une bonne chose pour le candidat. « Ces transferts d’image fonctionnent difficilement dans les deux sens, analyse Jean Petaux, politologue à Science Po Bordeaux. L’image de Faudel a amené un électorat différent à Sarkozy au moment où celui-ci avait besoin de rompre avec la représentation habituelle de la droite. Mais, pour autant, les électeurs UMP ne se sont pas mis à écouter du raï. Faudel a perdu un public sans en gagner un nouveau, tandis que Christian Clavier ou Johnny Hallyday conservaient un public fidélisé. » Qui votait peut-être déjà UMP pour une bonne part.
« Cette mobilisation massive de personnalités du spectacle en faveur d’un homme de droite est de toute façon un cas isolé, estime Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université de Nanterre. Mais elle s’amenuise peut-être aussi à gauche. On n’a pas vu tellement de personnalités de la culture derrière Royal ou Hollande, surtout par rapport à la campagne de Mitterrand en 1981, qui représente un pic. Dans la société française d’aujourd’hui, la réussite matérielle est plus valorisée que la réussite intellectuelle. » 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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