Les retraités dans le viseur de la Cour des Comptes

France Info – 14 septembre 2012 – Rémi Ink
Le déficit de la Sécurité sociale se creuse à nouveau en 2012 : 14,7 milliards d’euros. Dans un rapport de 600 pages, la Cour des Comptes prescrit de durcir la fiscalité pour les retraités. Ils pourraient voir leurs avantages fiscaux baisser considérablement. « Les retraités ne sont pas intouchables », a commenté la ministre de la Santé, Marisol Touraine.
Les avantages des retraités bientôt remis en cause ? © Fotolia.com DURIS Guillaume
Depuis plusieurs années, de nombreuses études le démontrent : les retraités français ont en moyenne des revenus et des patrimoines plus élevés que les actifs. Sujet ultra sensible, la remise en cause de certains avantages fiscaux des plus de 60 ans a toujours été écartée par les gouvernements précédents, pour des raisons principalement électorales. Rappelons que 16,2 millions de personnes sont à la retraite en France. Un beau vivier d’électeurs.
La Cour des Comptes sort la grosse artillerie
Dans son  dernier rapport, la Cour des Comptes lance donc le pavé dans la mare. Elle préconise en effet d’accroître les impôts des retraités. Tout en assurant des ressources durables au minimum vieillesse, nos anciens pourraient être mis plus à contribution et voir leurs avantages fiscaux être rognés.
Et de lancer ses recommandations pour économiser 5 milliards d’euros :
– supprimer progressivement dans l’impôt sur le revenu des retraités l’abattement de 10% alors qu’ils n’ont plus de frais professionnels > gain estimé de 2,7 milliards d’euros
– exonération des majorations de pensions pour les parents de 3 enfants > gain estimé de 800 millionsaligner le taux de CSG appliqué aux pensions de retraite sur celui des actifs : 49% de retraités (7,9 millions) qui sont assujettis à une CSG de 6,6% verraient ce taux monter à 7,5% > gain estimé de 1,2 milliard d’euros
L’institution veut gratter le fond d’autres tiroirs. Notamment ceux des particuliers employeurs de plus de 70 ans (ils sont 585.000). Ils bénéficient, pour le moment, d’une exonération de cotisations patronales, ce qui peut représenter pour eux une économie maximale de 245 euros par mois. La fin de cette éxonération permettrait de ramener 380 millions d’euros d’argent frais.
Des politiques qui ne disent plus non
Le ministre du Travail Michel Sapin a laissé entendre vendredi que les cotisations sociales des retraités les plus aisés pourraient être alignées sur celles de salariés. Interrogé sur BFM TV et RMC, il a exclu toutefois que tous les retraités soient concernés. « On ne peut pas traiter tous les retraités de la même manière », déclare Michel Sapin.
Un peu plus tôt, sur Europe 1, Marisol Touraine, la ministre de la Santé lâchait : « les retraités ne sont pas intouchables, nous devons revoir la fiscalité dans son ensemble, c’est dans ce cadre-là que l’on peut envisager une remise à plat de la contribution de chacun. »
Ne pas confondre retraités et rentiers : Il y a de nombreuses situations préoccupantes
Tous les retraités ne sont pas dans la même situation. De plus en plus sont touchés par la précarité. Un million de personnes reçoit le minimum vieillesse dans notre pays, soit 8.907,34 euros par an pour une personne seule et 14.181,30 euros pour un couple. Le minimum vieillesse coûte chaque année un peu plus de 2,8 milliards d’euros à l’État, financée par le Fonds de Sécurité Vieillesse (FSV). Créé en 1956, le minimum vieillesse, concerne de plus en plus de gens. Depuis 2007, le nombre d’allocataires est en constante augmentation.
Conclusion : Le montant du calcul des retraites a été considérablement réduit par les gouvernements précédents, tandis que l’âge a été reculé de 2 ans. Maintenant, va t-on aussi faire payer par l’impôt, aux retraités, les pertes de la Sécu ! A quand une loi pour rendre l’euthanasie obligatoire à partir d’un âge plafond fixé par le gouvernement ? Le chemin vers la « croissance » est décidément bien abracadabrantesque…

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