Sortie du livre Ayrault : l’inconnu de Matignon – Controverses

Actualité MaVille Nantes 03/10/2012

Jean-Marc Ayrault, ses premiers mois à Matignon vus par… un socialiste et Une UMP

Pascal Bolo, (PS), adjoint au maire, conseiller général socialiste. Sophie Jozan, (UMP), conseillère municipale d’opposition, conseillère régionale.
Le socialiste Pascal Bolo et l’UMP Sophie Jozan donnent leur avis sur les premiers mois du Premier ministre à l’occasion de la sortie du livre Ayrault, l’inconnu de Matignon.
 Jean-Marc Ayrault dans le costume de Premier ministre
Pascal Bolo (PS) : « J’ai été stupéfait de la facilité avec laquelle, il est entré dans le costume de Premier ministre. Il était très à l’aise. Une sorte de plénitude. Mais à la rentrée, tout le microcosme parisien lui est tombé dessus. Les critiques ont été extrêmement violentes, totalement injustes, disproportionnées. Avec en plus des commentaires de ministres qui n’étaient pas aimables. Il avait subi le même traitement en 1997 quand il était devenu président du groupe socialiste. Mais il avait déjà su, à l’époque, imposer son autorité, petit à petit. »
Sophie Jozan (UMP) : « Le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis son arrivée à Matignon, il s’en sort sans panache. Son discours de politique générale a été historiquement faible, très fade, ennuyeux. Ce manque de dimension ne me surprend pas. Quand il était député à l’Assemblée, il n’a laissé aucune trace sur le plan législatif, dans une loi ou une proposition par exemple. Cela dit, je n’approuve pas et ne comprends pas les attaques sur la personne. Plus globalement, les critiques, dans les médias, basées sur la psychologie des gens, cela n’a pas de sens !
Des circonstances exceptionnelles
Pascal Bolo : « Il est Premier ministre dans une circonstance exceptionnelle au regard de la gravité de la crise et de la gravité de la situation financière de l’État. Dans ce cadre-là, soit on a quelqu’un qui fait, allez je vais le dire « du Sarkozy », qui agite ses bras, qui trouve des solutions à tout, qui fait un projet de loi par jour ou des effets d’annonce etc. Et qui peut être plus brillant, plus aisé, plus facile que l’est ou que le paraît Jean-Marc. Soit on a quelqu’un qui va travailler sur le fond, qui va tenir son calendrier et qui va essayer de maîtriser des décisions prises avec un maximum de consultations, d’écoute préalable. Évidemment, cette manière de faire n’est pas spectaculaire. »
Sophie Jozan : « Dans cette période difficile, il faut prendre l’argent là où il y a des gisements. Qu’on s’attaque au déficit est absolument logique. Mais il faut accompagner le choc fiscal d’un choc de compétitivité pour les entreprises. On ne peut pas envoyer des signaux pénalisants aux entreprises à une période où le chômage est si massif. Je crains pour Jean-Marc Ayrault, qu’il soit à Matignon simplement pour un CDD d’un an ou de dix-huit mois. »
L’autorité d’Ayrault
Pascal Bolo : « Ce n’est pas l’orateur du siècle, mais il a une méthode de travail pour arriver à quelque chose. En revanche, jamais, il ne fera d’esbroufe dans le microcosme parisien pour y parvenir. Son autorité naît de la capacité à faire, à fédérer et à obtenir des résultats. Elle ne naît pas dans la posture, ni même dans un charisme qui emporterait tout sur son passage. Jean-Marc a l’autorité rationnelle. Cela s’acquiert avec le temps. Mais à son poste de Premier ministre, ce qui est peut-être le plus difficile pour lui, c’est le fait que la durée ne lui soit pas accordée au départ. »
Sophie Jozan : « Il paraît parfois dans l’ombre de certains ministres. Il a une personnalité qui a du mal à s’imposer ou bien alors avec beaucoup de raideur. Il n’a pas d’autorité naturelle mais il peut être dur, cassant et use de l’autoritarisme. Sa gestuelle est symbolique à cet égard. »
Leur avis sur le livre « Ayrault l’inconnu de Matignon »
Pascal Bolo : « Dans le livre, on reconnaît tout à fait le Ayrault volontairement modeste, qui se méfie de tout ce qui brille, qui n’aime pas ça, qui consulte beaucoup, qui écoute plein d’avis, avant de trancher. Juste une remarque, l’auteur n’a peut-être pas assez insisté sur l’Ayrault pédagogue qui explique et veut convaincre. »
Sophie Jozan : « C’est un portrait dans la proximité et cela m’a beaucoup plu. Par exemple, on comprend très bien, dans ce livre, la politique de la ville mise en oeuvre par Jean-Marc Ayrault. Une politique basée sur la coexistence fraternelle de quartiers qui dialoguent entre eux. Mon seul regret, l’auteur ne parle pas assez d’Ayrault le parlementaire. »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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