Qui sera le dindon de la farce des pigeons ?

Le Canard Enchaîné du 11 octobre- F.P.
Merci les « pigeons » ! Grâce à ce petit groupe de start-up, à ses patrons dynamiques (dont quelques exilés fiscaux) et à sa fulgurante pétition sur Internet, Laurence Parisot vient de réussir un joli coup : embarquer tout son monde – grands patrons rapaces et moineaux de l’informatique – dans un communiqué commun contre la politique du gouvernement. Sur le thème fédérateur de l’ « entrepreneuriat en danger ».
Le quoi ? Le « patronat », on connaissait. Mais « entrepreneuriat » ? Il est vrai que Medef signifie « Mouvement des entreprises de France ». En 1998, par un tour de passe-passe, ce sigle magique a remplacé le vieux CNPF – Conseil national du patronat français -, escamotant ainsi le mot honni de « patron ». Une entreprise de communication réussie !
Aujourd’hui, il n’y a plus rien du tout. C’est du moins l’angoisse de la pigeonne en chef Parisot : « S’il n’y a plus d’entrepreneurs, il n’y a plus d’entreprises », a-t-elle asséné sur France-info (10/10). En ajoutant : « S’il n’y a plus d’employeurs, il n’y a plus d’employés. »
Bravo ! Et réciproquement : « s’il n’y a plus d’employés, il n’y a plus d’employeurs. Et c’est très embêtant.
Sauf qu’aujourd’hui, il y a de plus en plus d’employés sans employeur. Cherchez l’erreur ! Entre l’entrepreneuriat et le salariat, entre le patroneuriat et les parias, on se demande ou est le pigeonnariat.
————————
La Tribune – 11/10 – Sandrine Cassini
Bercy a très mal pris l’injonction patronale lui demandant de retirer le texte sur l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Pour les participants à la réunion de mardi soir, Laurence Parisot, la présidente du Medef, a voulu récupérer le mouvement des Pigeons et servir ainsi les intérêts de l’organisation patronale. La CGPME, qui représente les PME, a dénoncé violemment auprès de ses membres cette ligne jusqu’au-boutiste.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Economie, Travail, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.