Fukushima – Autruches, vaches, cochons : Le photographe animalier Yasusuke Ota est allé à la rencontre de ces animaux errants.

Rue 89 11/10/2012 Louis Mesplé

Les autruches errantes de Fukushima, ex-mascottes de la centrale … – L’histoire de ces autruches est édifiante

Une autruche en liberté à Okuma (Yasusuke Ota)
Le 11 mars 2011, quelques heures après le tsunami, le gouvernement japonais ordonne l’évacuation de villes proches de la centrale de Fukushima. Dans leur précipitation, beaucoup d’habitants abandonnent leurs animaux domestiques. Dans la campagne, les fermiers font de même avec leurs bêtes.
Beaucoup de ces animaux ont péri : ceux laissés enfermés dans les maisons (les habitants espéraient un retour rapide) et ceux à l’extérieur, faute de soins et de nourriture.
D’autres survivent. Des volontaires se risquent dans la zone irradiée pour porter des aliments à quelques bêtes. La majorité de celles-ci se débrouillent seules.

 Des vaches errantes dans un parking à Tomioka (Yasusuke Ota)
Le photographe animalier Yasusuke Ota est allé à la rencontre de ces animaux errants dans les villes et les villages déserts.
Il y a là vaches, veaux, cochons, poulets, chiens, chats et… deux autruches.

Un cochon se rafraîchit dans une flaque d’eau à Namie (Yasusuke Ota)
L’histoire de ces autruches est édifiante. Introduites au Japon pour être les mascottes de la centrale de Fukushima Dai-ichi, elles grandissaient et se fortifiaient grâce à un bien mystérieux programme alimentaire (herbacé, nutriment…) généré par de minimes quantités d’uranium.
Aujourd’hui, un bénévole leur apporte des croquettes pour chat. L’autruche est omnivore.
Faire l’autruche est une expression qui signifie ne pas prendre en compte une réalité. Les initiateurs du programme nucléaire japonais connaissaient-ils cette expression ?
« Les animaux abandonnés de Fukushima » du photographe Yasusuke Ota – Série exposée en octobre au Huis Marseille, le musée pour la photographie d’Amsterdam.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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