Mutuelles : négociations sur les dépassements d’honoraires

Nouvel Obs 17/10/2012

Les mutualistes « ne veulent plus être des payeurs aveugles »
 Les négociations sur les dépassements d’honoraires ont repris. Etienne Caniard, patron de la Mutualité Française, plaide pour une meilleure régulation des complémentaires de santé. Interview.
Les négociations sur les dépassements d’honoraires reprennent ce mercredi après-midi. Le représentant des complémentaires (mutuelles et assurances privées) Fabrice Henry a provoqué un coup de théâtre la semaine dernière en proposant que les complémentaires financent une hausse des tarifs sécu. Etienne Caniard, patron de la Fédération nationale de la mutualité française, explique pourquoi.
Que proposez-vous pour faire aboutir la négociation médecins-sécu-mutuelles sur les dépassements d’honoraires ?
– Face à l’engagement des médecins de geler leurs dépassements, nous proposons de mettre de l’argent pour augmenter les tarifs opposables (tarifs sécu NDLR). Renforcer les tarifs opposables est une solution plus solidaire et responsable que de laisser filer les dépassements d’honoraires. Nous souhaitons, en effet, que notre système de soins reviennent à des tarifs acceptables : des tarifs connus à l’avance, qui garantissent un revenu pour les médecins mais aussi un bon niveau de remboursement pour les assurés sociaux. Aujourd’hui, le problème des dépassements d’honoraire est devenu un problème majeur d’accès aux soins. Or la possibilité d’intervention de la sécurité sociale est limitée du fait des contraintes financières. C’est pourquoi les mutuelles sont prêtes à faire un effort.
Mais cela change votre rôle dans le système de soin ! L’assurance maladie est-elle prête à cette évolution ?
– L’assurance maladie parait désarçonnée par notre proposition. Effectivement, nous demandons à être considérés désormais comme des partenaires à part entière. Nous ne souhaitons plus fonctionner comme des payeurs aveugles. Notre proposition suppose une nouvelle organisation des rapports entre mutuelles, assurance maladie et médecins. Il faudra élaborer des dispositifs nouveaux et donc prendre du temps pour faire vivre et donner un contenu à notre initiative.
On cotise à l’assurance maladie indépendamment de son état de santé, alors que les complémentaires sélectionnent les risques. Ne sort-on pas d’une logique de solidarité ?
– Mais c’est déjà le cas ! Les chiffres sont connus. L’assurance maladie ne rembourse plus que 50% des soins courants. 15% des français renoncent à des soins pour des raisons économiques. 30% parmi ceux qui n’ont pas de complémentaire. C’est le résultat d’une évolution lente depuis des années. C’est un fait : sans mutuelles, les Français sont contraints de renoncer à des soins. Et justement, parce que l’intervention des complémentaires n’est pas aussi solidaire que le régime obligatoire, nous voulons fixer des règles pour préserver cette solidarité : par exemple l’Etat pourrait fixer un écart maximum de tarifs en fonction de l’âge. Si nous laissons la concurrence organiser l’intervention des complémentaires, nous risquons une exclusion des plus faibles. C’est inadmissible à partir du moment où une mutuelle est devenue indispensable. Nous revendiquons cette régulation.
En contrepartie des efforts financiers que vous proposez, que demandez-vous ?
– Nous souhaitons que la taxe sur les mutuelles instaurée en 2010 et en 2011 soit réaménagée pour favoriser les mutuelles qui adoptent des comportements vertueux, des fonctionnements solidaires.
Propos recueillis par Jacqueline de Linares – Le Nouvel Observateur

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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