Sécu : l’hypertension artérielle ne sera plus prise en charge à 100% !

Le Parisien.fr – 31 octobre 2012 – AFP – Philippe Huguen
Cette décision du Conseil d’Etat va affecter, selon les associations en colère, la vie de 4,2 millions de personnes sur les 15 millions de Français hypertendus recensés chaque année en France. L’hypertension artérielle sévère va être définitivement retirée de la liste des «affections longue durée» (ALD) qui permet la prise en charge à 100% par la Sécurité sociale, après une décision de la plus haute juridiction administrative.
Une mesure mise en place par l’ancienne majorité, validée par le Conseil d’Etat
Le Conseil d’Etat (les grands « sages » !) «vient de rejeter le recours contre le décret du 24 juin 2011 supprimant l’hypertension artérielle (HTA) sévère de la liste des ALD», déplorent dans un communiqué la fédération française de cardiologie, la société française de cardiologie et l’alliance du Coeur. Le décret du 24 juin 2011 avait supprimé l’hypertension artérielle de la liste des ALD au prétexte que cette maladie était «la seule ALD à constituer un facteur de risque et non une pathologie avérée».
Cette disposition, contestée par les associations de patients, était prévue dans le Budget de la Sécurité Sociale 2011 et devait permettre d’économiser 20 millions d’euros, selon le précédent gouvernement. Le CISS (collectif de patients), la FNATH, association des accidentés de la vie et l’Alliance du coeur avaient déposé un recours devant le Conseil d’Etat.
«Compte tenu des caractéristiques de l’hypertension artérielle, du nombre de personnes concernées, de l’évolution et du coût des traitements de cette affection, le Premier ministre a pu légalement prendre la mesure de suppression», estime le Conseil d’Etat dans sa décision du 26 octobre consultée par l’AFP.
Une augmentation des frais médicaux de l’ordre de 30%
«L’hypertension artérielle sévère compliquée d’affections cardio-vasculaires et rénales très handicapantes n’est plus reconnue pour des raisons purement économiques comme elle doit l’être: une maladie chronique très grave!», soulignent de leur côté les trois associations.
Ces patients «verront donc dès à présent les frais médicaux restant à leur charge augmenter de plus 30%», précisent-elles, redoutant des «conséquences préjudiciables». Enfin, cette décision est «en parfaite incohérence avec les recommandations du Plan de lutte contre les AVC 2010-2014, priorité de santé publique et avec une nouvelle politique privilégiant la démocratie sanitaire», concluent-elles.

La médecine à deux vitesse est en place
Si en France le budget consacré à la santé s’avère important, la consommation vertigineuse de médicaments, le règne des grandes compagnies pharmaceutiques et la répartition inégale des médecins sur le territoire demeurent. Qu’on habite en Picardie ou en Provence, qu’on souscrive ou non à une mutuelle, on ne recevra pas les mêmes soins. De surcroît, certains établissements hospitaliers se révèlent particulièrement dangereux pour les malades. Devant ces disparités, le président de la Mutualité française a souvent sonné l’alarme et proposé, en vain, des mesures contre la transformation du système de santé en entreprise commerciale.

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