Halloween: du marketing aux digicodes, les raisons d’un déclin

Huffington Post  – 31 octobre 2012 – | Par Stanislas Wang-Genh
Squelette, araignées velues, ou dents de vampire, inutile de sortir la grosse artillerie pour Halloween. La célèbre citrouille a toutes les raisons de faire grise mine. D’origine celtique, cette fête, directement importée des États-Unis, a connu en France, un certain engouement… avant que l’effet de mode ne retombe.
Car l’histoire d’Halloween en France, n’est rien d’autre que celle d’un gigantesque effet marketing. L’origine de ce succès remonte à la fin des années 90 quand les géants de la distribution y voient l’occasion de stimuler la consommation, quelques mois avant Noël. L’engouement est d’ailleurs tel qu’en 1999, les chiffres d’affaire des ventes liées à Halloween a dépassé celui des ventes de Noël.
Aujourd’hui, fini les décors d’épouvantes dans les vitrines des grands magasins. Bars et autres boites de nuit ont d’ailleurs cessé d’en faire leur thème de prédilection. Et en analysant ce phénomène, on constate que Halloween a été importée en France comme un bien de consommation. Bas les masques, Halloween!

France Télécom et le masque de Scream
À l’origine était la téléphonie mobile… En 1997, France Télécom lance son nouveau téléphone mobile de couleur orange baptisé Olaween. Huit mille citrouilles sont distribuées sur la place du Trocadéro à Paris. Cet évènement marque le début de l’exploitation commerciale à grande échelle de Halloween.
L’engouement pour l’épouvante chez les ados est lancé et la sortie et le succès du premier film Scream à l’été 1996, semble le confirmer. En témoigne, ce masque du tueur du film a largement été récupéré pour les déguisements de Halloween. Scream 1, Scream 2, Scream 3, l’effet de mode s’installe. Et les parodies comme Scary Movie avec, preuve qu’il y avait bien un marché.
Aucun lien avec la culture française
Pourtant, contrairement aux pays anglo-saxons, Halloween ne correspond à rien dans l’imaginaire collectif des Français. Devenus adultes, rares sont les Français à se rappeler de leurs maraudes déguisées en vue de récolter des bonbons.
De leur côté, certains leaders d’opinions ont rapidement vu dans cette fête, le renforcement d’une influence américaine – après tout, la couleur rouge du Père Noël a bien été établie par la célèbre marque américaine de boissons gazeuse. À cette différence près, que le Père Noël fait partie intégrante de notre culture, certes sous la figure de Saint Nicolas.
Difficile de tourner la mort en dérision
En France, pour certains la mort reste un sujet tabou et en rire peut mettre les gens mal à l’aise, particulièrement la vieille de La Toussaint. La peur et l’épouvante sont loin d’être des valeurs traditionnelles, plutôt manifestées dans les fêtes culturelles, par la joie ou l’émerveillement.
L’échec de Halloween en France a donc pu s’expliquer par cette lugubre influence sur les enfants. Par ailleurs, le principe même de Halloween peut poser problème en ce qui concerne le rapport à la propriété. Depuis tout petit, les enfants aux États-Unis se prêtent au jeu du porte à porte déguisés en revenants et réclamant des bonbons. Une pratique qui, en France, peut être perçue comme étant intrusive.

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