Niort ( Deux-Sèvres ) Une radio de la rue, ou un Facebook vivant : le crieur public

La Nouvelle République 04/11/2012

Le retour des crieurs publics :  » On est la radio de la rue  »
Exercice de libre parole grandeur nature : chaque samedi matin depuis hier les crieurs lisent à haute voix dans la rue les messages que vous leur confiez.
Bon anniversaire, papy Jacques ! Message de deux petites filles à leur grand-père, lu d’une voix retentissante, hier matin, devant les halles. Claude Andrzejewski, alias Claudio, le crieur public, a sonné la cloche pour réclamer l’attention de ceux qui, venus faire leurs courses, se hâtent sous la pluie. Et tous les samedis matins d’ici la fin de l’année, il sera là, avec sa troupe, pour porter la parole publique.
Le système est simple : dès 10 h, Claudio collecte les messages laissés par les passants. Et en fin de matinée, il les « crie » en public. Il avait déjà tenté l’expérience durant six mois, de janvier à juin. Un collage surréaliste. Des prises de position politiques (samedi, Geneviève Gaillard a eu droit à son couplet anti-cumul des mandats), des déclarations d’amour, des petites annonces parce qu’on a quelque chose à vendre ou à louer, des anniversaires à souhaiter : « La veille de la fête des Mères, on avait eu plein de : bonne fête maman ! »
Les commerçants et le stationnement
Avant l’été, des commerçants des halles avaient sauté sur l’occasion pour faire passer des messages sur les difficultés de stationnement ou la gêne occasionnée par les travaux. Un exercice de libre parole qui a le soutien de la Ville, via son service culture. Jacques Tapin, adjoint au maire, aimerait d’ailleurs que les crieurs publics sillonnent aussi les quartiers.
La nouveauté de cette rentrée c’est que Claudio a formé neuf crieurs amateurs pour le seconder. Une association va se créer ce mois-ci et se doter d’une charte des valeurs. La parole est libre, « mais on s’interdit évidemment les appels à la violence, ce qui est diffamatoire ou pornographique », rappelle-t-il.
Des stages seront organisés début 2013. « Etre crieur, c’est très physique, ce n’est pas une mince affaire. Lors des stages, on fera venir un intervenant spécialisé dans le chant, car c’est un travail du même type : il faut savoir poser sa voix. »
Grosse fatigue

Physique, le travail de crieur public, Joseph confirme. Il fait partie de ceux qui ont rejoint la troupe : « Après une criée, je me sens comme si je venais de faire une course à pied. Une grosse fatigue, mais une fatigue qui fait du bien. Et pourtant, cela fait quinze ans que je fais du théâtre. »
« On nous a dit un jour qu’on était la radio de la rue. Je trouve cela assez juste », explique un autre crieur. Une radio de la rue, ou un Facebook vivant. Que cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.
nr.niort@nrco.fr Yves Revert

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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