Le cortège de ces nouveaux croisés qui veulent la peau de François Hollande.

 le Nouvel obs semaine du 15-11-2012

Les croisés anti-Hollande : ils veulent la peau du président

Contre le mariage gay, le droit de vote des étrangers, l’alourdissement des impôts, une coalition s’organise. A droite, bien sûr, mais elle trouve aussi un écho dans une frange de la gauche. A lire dans « le Nouvel Observateur ».

Vidéo Pourquoi cette Une ? Par Renaud Dély

Déchaîné. Regonflé à bloc. Brutal, violent, jusqu’à flirter, parfois, avec une forme d’hystérie verbale. Ainsi va le cortège de ces nouveaux croisés qui veulent la peau de François Hollande.
Composé au premier chef des troupes de l’UMP chauffées à blanc, mais aussi d’une kyrielle d’associations et de lobbys, confessionnels ou catégoriels, il lance l’assaut contre trois « dangers » principaux qui menaceraient la France : le mariage pour tous, un projet diabolique visant à pervertir la famille pour mieux détruire ce fondement de la société; le droit de vote des étrangers aux élections locales, cheval de Troie du « communautarisme » pour désarmer le pays face au péril musulman ; et enfin l’ »oppression fiscale », instrument d’une « chasse aux riches », contraints de s’exiler sous des cieux plus accueillants.
« Hollande bashing »
Les catholiques, emmenés par Mgr Vingt-Trois et Christine Boutin, sortent des églises pour dénoncer bruyamment la « supercherie du mariage homosexuel » ; le mouvement d’extrême droite Bloc identitaire envahit le chantier de la future mosquée de Poitiers pour ressusciter l’esprit de Charles Martel et lance une campagne intitulée « François Hollande n’est pas mon président » ; et les patrons de start-up se mobilisent pour pigeonner le gouvernement.
Mais, au fond, cette croisade tous azimuts n’a qu’une seule cible, François Hollande, à qui ses adversaires vont jusqu’à dénier le rang même de chef de l’Etat, comme le titrait « l’Express » la semaine dernière (« Y a-t-il vraiment un président en France? »), en prenant ainsi la tête de ce « Hollande bashing » devenu la nouvelle mode automnale de la presse française […]
EN IMAGES. Catholiques, responsables UMP, militants d’extrême-droite, associations familiales, dirigeants de start-up, et même élus de gauche : la galaxie des anti-Hollande.
A LIRE : l’intégralité du dossier « Les croisés anti-Hollande : comment ils veulent le détruire », dans « le Nouvel Observateur » du 15 novembre.

« Le Nouvel Observateur » du 15 novembre 2012
Des croisés anti-Hollande ?
18 novembre 2012 André Bercoff  journaliste et écrivain.
François Hollande, comme Nicolas Sarkozy avant lui, voit sa présidence transformée en un chemin de croix. Le Nouvel Obs présente ainsi en « une » cette semaine les « croisés anti-Hollande ». Mais ceux-ci restent bien sages par rapport à ceux qui partaient à la chasse au Sarko…
Ce pelé, ce galeux, d’où nous vient tout le mal… Ce fut, pour de nombreuses âmes en peine, la définition de Sarkozy pendant son quinquennat. Depuis six mois, tout se passe comme si, à son tour, François Hollande était victime d’un syndrome de rejet que la sous- culture anglo-saxonne appelle le « bashing ». Sondages en baisse à la recherche du gaz de schiste, ricanements en tous genres de la droite décomplexée ou pas, grognements à peine retenus de la gauche de gauche persuadée que Hollande trahit la Révolution. Splendeur et misère du pouvoir acquis laborieusement dans les urnes et qui se transforme en chemin de croix au moment de la rencontre avec la réalité et ses échéances.
Hollande écartait la crise et vitupérait la finance pendant sa campagne : il est aujourd’hui condamné à les gérer du mieux qu’il peut. Les nostalgiques de Nicolas lui reprochent de faire du Sarkozy sans le dire, ce qui est excessif ; les partisans du Grand Soir lui en veulent de n’avoir franchi le Rubicon que pour y pêcher à la ligne, au milieu du gué. Cela s’appelle, ici et ailleurs, la social-démocratie ou le social-libéralisme, deux étiquettes très mal vues par les rebelles de conviction.
Il existe néanmoins une grosse différence entre la chasse au Sarko et la chasse au François. Dans la première, pendant cinq ans, dominait un fond de haine et de rejet qui n’est pas, loin s’en faut, exprimé de la même manière chez les anti-Hollande. Il suffit de rappeler que l’on traita Sarkozy de Voyou de la République, de menteur, de faussaire, de tache sur le drapeau et autres amabilités encore plus pressantes. Pour une partie de la population et surtout des médias, l’on ne pouvait plus respirer en liberté tant que le « nain », le nabot, était à l’Elysée : tout juste si l’on ne comparait pas la France de Sarko à celle de l’Occupation avec l’expulsion des Roms vers Auschwitz, of course, excusez du peu…
Le climat est tout autre en ce qui concerne Hollande : on rigole de Flamby, de sa faiblesse envers ses femmes, de ses hésitations, de ses promesses non tenues, mais on ne le hait pas. Il existe certes un rejet de sa politique, mais chacun voit, pour s’en réjouir ou pour le déplorer, qu’il ne fut socialiste que rue de Solferino et pendant la campagne et qu’il s’essaye aujourd’hui, en bon réformateur, à appliquer le programme que ce pauvre Bayrou fut incapable d’incarner. Les adversaires de Hollande vitupèrent son incompétence, ou sa timidité. Les anti-Sarko en voulaient à la personne même de l’ex-président. C’était vraiment, pour eux : « Voir le petit Sarko à son dernier soupir, seul en être la cause et mourir de plaisir… ». Hollande, lui, pour le moment, fait ricaner l’UMP et le Front National, et indigne les écolos anti-aéroport et la gauche anticapitaliste.
La personne même de Sarko provoquait des réflexes pavloviens. Aujourd’hui, les anti-Hollande n’ont pas encore brandi les couteaux. A suivre…

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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