Bordeaux – Université : La pauvreté gagne le campus à la vitesse « grand V ».

Sud-Ouest  le 23/11/201 Par Jean-Paul Vigneaud

 Pauvreté sur le campus de Bordeaux : 2000 étudiants ne mangent pas à leur faim

7 000 étudiants sur les quelque 60 000 recensés rencontreraient des difficultés financières

Selon l’Unef, les « étudiants s’appauvrissent deux fois plus vite que le reste de la population ». ( illustration/Archives A. Sioc’Han de Kersabiec)
Après celles de Lyon, Nice, Poitiers et quelques autres encore, l’université de Bordeaux va bientôt proposer aux étudiants une « épicerie solidaire ». Un lieu où les jeunes en galère pourront acquérir de la nourriture pour pas cher. Une dizaine de produits majeurs pour 1 à 2 euros.
Installée sur le campus, gérée par la Croix-Rouge et alimentée par la Banque alimentaire, cette épicerie sera ouverte deux fois par semaine. « Il ne nous reste plus qu’à trouver une salle », confie Josiane Coudret, directrice de l’action sociale à la Croix-Rouge. « L’université propose un local mais il n’est pas adapté. Il nous faut de la place, ne serait-ce que pour mettre des frigos. Nous devrions opter pour un bâtiment préfabriqué. »
« Et nous allons faire au plus vite ! », lance l’intéressée. Au plus vite car il y a urgence. La pauvreté gagne le campus à la vitesse « grand V ». Selon des études menées par l’université bordelaise, 7 000 étudiants sur les quelque 60 000 recensés (sans compter les grandes écoles) rencontreraient des difficultés financières. Sur ce nombre, 2 000 ne mangeraient pas à leur faim. Selon certains, ce serait pire encore, le chiffre de 3 000 étant avancé.
Dépenses trop lourdes
Le phénomène n’est pas que bordelais. Lors de sa dernière enquête sur le coût d’une année universitaire, l’Union nationale des étudiants de France (Unef) révèle que « les étudiants s’appauvrissent deux fois plus vite que le reste de la population. » Les raisons ? L’explosion du prix des loyers, l’augmentation des prix des produits de première nécessité, la faiblesse des aides financières (80 % des étudiants n’ont pas droit à une bourse), des problèmes familiaux (abandon des parents)…
C’est le fait aussi de la démocratisation du campus. De plus en plus de jeunes issus de familles modestes poursuivent leurs études. Ils sont accueillis comme les autres, bénéficient du même enseignement, mais ont du mal à faire face aux dépenses. 73 % des étudiants déclarent être obligés aujourd’hui d’exercer une activité salariée pour financer leurs études. Ils n’étaient que 48 % en 2006 (enquête Unef).
Un lieu d’échanges
Dans l’épicerie sociale qu’animera la Croix-Rouge, les étudiants auront donc de quoi trouver un peu de nourriture pour pas cher. Régulièrement aussi, ils pourront y bénéficier de cours de cuisine pour apprendre à faire chauffer autre chose que du riz et des pâtes.
« Pas seulement cela ! », ajoute Josiane Coudret. « Nous souhaitons que cette épicerie soit également un lieu de vie. Les jeunes pourront ici faire part de leurs problèmes, échanger leurs expériences, s’exprimer sur leur mal-être. On fera tout pour les aider. »
Même pour soigner leur look, s’ils le désirent. En leur offrant des vêtements ou en faisant venir à l’épicerie des esthéticiennes ou coiffeurs pour des conseils ou petites coupes.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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