Bordeaux – Le tablier du pont levant Chaban-Delmas est opérationnel : un levage à 47 mètres de haut

Sud-Ouest 07/12/2012 Par Jean-Paul Vigneaud

asopont.jpg cd

Bordeaux : le pont Chaban-Delmas lève son tablier en douze minutes

asopont

[VIDEOS] Moment historique entre Bacalan et Bastide. Le tablier de 2 600 tonnes est monté comme une plume jusqu’en haut de ses pylônes géants
Le tablier du pont levant Chaban-Delmas est opérationnel. Tel un yo-yo, il monte et descend sans problème. Comme ont pu le juger, hier, les Bordelais. À 12 h 30, le tablier mobile de l’ouvrage a quitté ses supports et s’est hissé tout en haut de ses pylônes. En 12 minutes exactement. Sans le moindre arrêt, secousse ou grincement de câbles. Surprenant lorsque l’on sait que ce mastodonte est aussi grand qu’un terrain de football et frôle les 2 600 tonnes.
Les essais de levage ont débuté lundi. Mais, c’est vraiment hier que cette ultime étape, un levage à 47 mètres de haut par rapport à la ligne du pont et 59 mètres par rapport à la ligne d’eau, a été réalisée, avec succès.
Un bébé commun
Une occasion que les élus n’ont pas voulu rater évidemment. Alain Rousset, Alain Juppé et Vincent Feltesse ont décalé tous leurs rendez-vous pour être là. Que n’auraient-ils pas fait pour voir leur « bébé » faire ses premiers pas ? Tous trois en effet se sont succédé à la tête de la Communauté urbaine de Bordeaux et tous trois, sans rechigner, ont soutenu le projet. Un investissement de plus de 160 millions.
Devant l’ouvrage, les bâtisseurs n’étaient pas moins heureux pour ne citer que Thomas Lavigne, l’architecte de l’ouvrage, Alain Frbézar, le patron du chantier GTM-Vinci, ou encore Mathieu Cardin d’Egis, responsable de la maîtrise d’œuvre.
« La fin de la construction d’un ouvrage est toujours un moment émouvant », avouait l’architecte. Encore plus bien sûr lorsqu’il s’agit d’un défi sur le plan architectural et technologique comme ici. « On sait que ça va fonctionner puisqu’on a tout fait pour mais il y a toujours un doute », confiait Mathieu Cardin. Le chantier n’est pas pour autant terminé. Il le sera fin décembre et il y aura ensuite trois mois d’essais. La mise en service est prévue fin mars.
Lecture
L’important donc, aujourd’hui, c’est de savoir que l’ouvrage fonctionne bien si l’on en croit cette montée en 12 minutes. Une performance si remarquable que certains s’en étonnent.
Au temps de montée et de descente (12 et 12 minutes) du tablier, s’ajoute le temps de manœuvre et celui de fermeture du pont à la circulation routière. C’est celui qui préoccupe le plus ceux qui emprunteront l’ouvrage. Le pont sera fermé 1 heure lorsque des bateaux sortiront du port de la Lune, 2 heures 30 lorsque les bateaux arriveront.
Explications
Lorsque les bateaux quitteront le quai des Quinconces, ils seront proches du pont et n’auront pas besoin de remorqueurs. Le pont sera fermé un quart d’heure avant l’opération de levage. Dans le jargon des professionnels, « le quart d’heure de vidange nécessaire », pour vider l’ouvrage de tous ceux qui s’y trouvent, véhicules, deux-roues et piétons.
Ceci fait, le tablier sera levé, en 12 minutes. On en sera déjà à 30 minutes. Le bateau passera. Le tablier sera redescendu, on rétablira les voies, les barrières seront levées. Soit 1 heure en gros d’indisponibilité.
Ce ne sera pas le même scénario lorsque les bateaux arriveront à Bordeaux. Le navire annoncera son arrivée à hauteur de Saint-Louis-de-Montferrand. Le pont sera alors vidé de ses occupants, puis ouvert. Par mesure de sécurité, le navire quittera Saint-Louis seulement lorsque le tablier sera levé. Le temps d’arriver, il franchira l’ouvrage 40 minutes plus tard. Le pont ne sera pas aussitôt remis en service. Il faudra attendre que le navire soit à quai et que les remorqueurs repassent. Le pont sera donc ici « hors service » durant deux heures et demi.
Lecture
Information à l’avance
60 passages de bateaux sont programmés pour 2013. Ce qui fera une à deux fermetures de pont par semaine. Comme celles du pont d’Aquitaine, elles seront annoncées à l’avance, par le biais des panneaux d’informations de la rocade, ceux de la CUB et 25 nouveaux panneaux qui vont être prochainement installés sur les axes menant au futur pont.
Des embouteillages sont à envisager ? C’est possible, quoique. Pour les fermetures régulières du pont d’Aquitaine, les automobilistes ont fini par s’habituer. Et lorsque l’ouvrage est fermé, ils prennent un autre itinéraire.
De sérieuses craintes pour les voies d’accès
Tant rive droite que rive gauche, des travaux supplémentaires vont devoir être prévus.
Un nouveau franchissement sur la Garonne, c’est bien, mais pourra-t-on facilement y accéder ou en sortir ? C’est la question que beaucoup se posent en découvrant que les aménagements des voies d’accès ne vont pas aussi vite que ceux du pont.
Même s’il reste un pont urbain, l’ouvrage accueillera rapidement des dizaines de milliers de voitures. Le chiffre de 50 000 est annoncé. C’est moins que le pont d’Aquitaine, qui voit passer plus de 100 000 véhicules par jour, mais tout de même beaucoup. Cela risque donc de bouchonner de part et d’autre.
Côté rive droite (quartier Bastide), le pont débouchera sur une route à deux voies. Des travaux sont bien engagés. Ils ont essentiellement pour but de rajouter une voie de bus (direction Lormont-Cenon) pour faciliter la circulation des véhicules du réseau TBC (nouvelle ligne via le pont). Ici, on craint le pire. À l’évidence, la CUB devra revoir sa copie et prévoir des aménagements plus importants. Comme elle a prévu de revoir les voies d’accès du pont, côté rive gauche (quartier Bacalan). La rue Lucien-Faure est dans l’axe de l’ouvrage. La rue est suffisamment large puisqu’en 2×2 voies. Elle est toutefois en mauvais état. Seule à ce jour, son extrémité à hauteur des quais a été revue. Le reste doit l’être mais cela ne se fera pas avant deux ou trois ans. Parallèlement à l’aménagement du quartier des Bassins à flot.
Autre « point noir » dans l’axe du pont : la place Latule. Le rond-point géant de Bordeaux Nord chapeauté par le fameux auto-pont, une structure provisoire en place depuis… quarante ans. Avec le nouveau pont, le trafic va inévitablement gonfler à hauteur de ce carrefour. La CUB en est consciente. Elle a décidé de le réaménager en totalité. Une concertation a été engagée pour cela. Le temps que le projet mûrisse et se réalise, il faudra vraisemblablement attendre deux trois ans, voire plus.
Il ne reste donc qu’à souhaiter que la montée en puissance du pont levant se fasse en douceur…
J.-P. V.

asole-pont-jacques-chaban-delmas-verra-t-il-passer-le-tour-de_945093_460x306

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Loisirs Tourisme, Transport, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.