Changement du monde et transformation de soi

Par Lionel Cruzille  – Du bimensuel gratuit « Pluriel Nature » N°100 octobre/décembre 2012
 La plupart d’entre nous attendent que le monde change. Mais, en parallèle, nous sommes intimement persuadés que peu de gens font en sorte que cela aille dans ce sens. Et qu’en est-il de nous-mêmes ? S’agit-il de faire quelque chose ou d’être différent ?
S’il s’agit d’être, alors qui se sent prêt à se changer soi-même ?  En changeant notre manière d’être, nous changeons naturellement notre façon de faire et de vivre.
N’est-il pas vrai aussi que, face à ce monde sur le fil du rasoir, beaucoup d’entre nous sont en quête du sens de la vie ? Cette quête, vue sous l’angle de la globalité peut prendre une dimension nouvelle.
Car se changer soi, revient à changer un peu le monde qui nous entoure. Et de quoi est fait le monde ?  De multitudes de petites choses mises bout à bout et reliées entre elles. Si nous, nous changeons peu à peu, alors il en découlera un profond changement en toutes choses et de manière exponentielle. Il y a là un enjeu de taille.
imagesCAEONQUOParfois, sans nous en rendre compte, nous nous persuadons que la situation actuelle de la planète est sans issue. Nous pensons fréquemment aussi que la réponse doit être adaptée à l’ampleur du problème. Nous attendons, plus ou moins consciemment, une réponse énorme à un problème énorme. Et nous attendons que cette réponse vienne de l’extérieur, des autres, des institutions…
Or, ce n’est pas possible. Confusément, nous sentons cette impossibilité tout en constatant que les réponses proposées par le(s) système(s) actuel(s) ne sont pas adéquates et ne peuvent donc pas répondre pleinement à la crise. Et nous voilà désemparés, pliant sous le poids de nos schémas mentaux et noyés dans nos émotions allant de la colère à la tristesse en passant par la culpabilité ou le simple déni.
En fait, nous cherchons une solution avec notre ancien mode de pensée, issu de la suprématie de l’égo. Or, si nous marchons vers la quête du sens de la vie, comme c’est le cas de plus en plus de personnes, il est probable que nous commencions à nous intéresser à ce qu’on nomme l’égo et le mental (le mental qui est « la pensée mécanique »), puis à nous pencher sur le fonctionnement de l’esprit, des émotions, intégrer le moment présent, pratiquer la méditation, la vigilance, etc…
Peu à peu, avec la connaissance soi que ce travail sur soi entraîne, nous pouvons aborder une autre possibilité de vivre qui nous révélerait des solutions inattendues à ce que vit notre monde et nous-mêmes. Mais ces nouvelles idées nous sont accessibles que si nous dépassons notre égocentrisme et notre habituelle façon de penser.
En fait, il ne peut y avoir une seule et unique réponse, ni même deux ou trois, mais plutôt des milliards de petites « réponses » qui vont être des solutions locales, à des problèmes locaux, même si les conséquences sont, au final, mondiales. La réponse peut être individuelle mais intimement liée à un changement profond de soi-même. Cette « réponse » qui sera différente pour chaque cas, engagera l’individu qui, en son âme et conscience, apportera sa petite part d’actions et de solutions à l’humanité ; chacun à son niveau, à sa façon, là où il se trouve ; au-delà des dogmes, des religions, des partis politiques et des clivages sociaux.
PLANETE TERREEn changeant de niveau de conscience, chacun œuvrera en comprenant au plus profond de lui que tout est lié et dépassera ainsi son égocentrisme. Les conséquences de nos actes sur l’ensemble du monde dépassent ce que peut entrevoir l’intellect humain. Cela requiert autant de « lâcher prise » que de confiance, ainsi qu’une profonde connaissance de l’esprit humain, du fonctionnement des émotions, de la pensée, etc. C’est un travail sur soi qu’on pourra nommer l’écologie intérieure (en écho à l’écologie environnementale).
Mais tout cela ne pourra voir le jour sur notre chère planète que si nous incarnons ce changement de conscience, il s’agira de faire vivre, dans la matière, ici et maintenant, cette profonde prise de conscience et, au final, cette transformation de soi.
« Avant d’agir, vérifions celui qui agit », disait un sage indien. Si tous nous vivons, au quotidien, selon notre propre changement de conscience, ce qui se révèlera au fond de notre être prendra place jusque dans nos existences, dans nos réunions, dans notre foyer, « nos hauts et nos bas, dans nos champs, nos usines, partout. L’enjeu serait donc de faire « descendre » cette révolution de la conscience, au cœur même de notre quotidien.
Peu nombreux, pour l’instant, sont ceux qui œuvrent dans ce sens. Mais, progressivement, cela s’étend. Les changements de cet ordre sont très souvent, au départ, infimes et peu visibles, mais il est plus que probable que, peu après, l’ensemble du changement des consciences se révèle et soit communicatif.
« Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde » disait Gandhi. Ainsi, la transformation de soi entraîne la transformation du monde. C’est en nous-mêmes que résident les solutions. L’écologie environnementale ne trouvera d’issue que par cette « écologie intérieure » et le changement de niveau de conscience qui en découle. Mais pour cela, il nous faut aussi entamer ce travail de conscientisation profonde, qui n’est pas anodin, qui demande de l’énergie et du courage mais qui a de fortes chances d’entraîner des changements plus profonds encore, que ceux de   l’écologie environnementale.
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Lionel Cruzille est l’auteur de « Changement et transformation de soi » aux Editions Altess
  • 9782842431792
Date de parution: 01/05/2012 – Editeur: Editions ALTESS
EAN: 9782842431792 – Prix conseillé : 18.00€

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