DGPN Police –  » Révolution culturelle » : renforcement de sa présence en ligne sur les réseaux sociaux ?

Nouvel Obs 15-12-2012 Par Celine Rastello
Réseaux sociaux : la police se jette à l’eau
Désormais présente sur Facebook, Twitter et même Flickr, la police veut « se rapprocher des citoyens.«  Reste à voir comment.

anopolice réseaux

Capture d’écran de la page Facebook police nationale.
Pour la police, c’est une « petite révolution culturelle », admet son porte-parole Pascal Garibian. Mardi 11 décembre, la DGPN (Direction générale de la police nationale) a annoncé son arrivée sur les réseaux sociaux et le renforcement de sa présence en ligne.
 Objectif : « renforcer la proximité et le lien de confiance avec les citoyens. » Notamment avec les plus jeunes, qui sont nombreux, assure-t-elle, à ne pas même connaître le numéro d’appel d’urgence (17). Pierre angulaire du dispositif de communication : la page Facebook police nationale, qui propose un accès direct à la plateforme de signalement de contenu illicite Pharos, au dispositif de pré-plainte en ligne, ainsi qu’une géolocalisation du commissariat le plus proche.
La pré-plainte en ligne généralisée en 2013
Une géolocalisation pensée entre autres « pour des victimes sur leur lieu de vacances, ou des étrangers ignorant où est le commissariat le plus proche ». Tant pis pour ceux qui se trouvent plus proches d’une gendarmerie. Mais, assure la police, « une réflexion est en cours » pour intégrer gendarmes et pompiers.
Quant au dispositif de pré-plainte en ligne, toujours en test dans plusieurs départements et qui doit être généralisé en 2013, il est destiné aux victimes d’atteintes aux biens (vols, dégradations, escroqueries,…). Et cette déclaration ne leur épargne en rien le passage obligé au commissariat pour signer leur plainte, a rappelé le porte-parole de la DGPN. Un point qui n’était pas clair lors des expérimentations. Comme nous l’indiquions en début d’année, ce dispositif, qui devait un temps être généralisé en septembre dernier, a rencontré quelques bugs qui devaient encore être résolus.
La plate-forme Pharos, créée en 2009, permet à tout internaute de signaler à l’OCLCTIC (Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication) tout contenu illicite. « De la simple escroquerie en passant par la pédopornographie jusqu’aux sites dits ‘terroristes’ expliquant par exemple la construction de bombes artisanales » indique l’adjointe à l’OCLCTIC Adeline Champagnat. 2.500 signalements sont reçus en moyenne chaque mois. L’OCLCTIC espère de cette mise en avant sur Facebook obtenir des contenus illicites « de qualité. »
Parallèlement à cette page, la police s’est ouvert un compte sur le réseau social de partage d’images Flickr et a lancé une « webtv » – ou plutôt, une page sur Dailymotion qui lui permet de présenter ses différents métiers et de mettre en avant son « actualité. » En vue, toujours, d’améliorer le rapport police-population.
« Les internautes auront-ils les réponses à leurs questions ? »
« Il faut redorer l’image de la police, notamment auprès des plus jeunes. Il y a un gros manque », confie un officier de police judiciaire. Il attend de voir, toutefois, « quel sera le contenu » du dialogue police-citoyens en ligne. Une position partagée par le secrétaire national du syndicat Unité SGP Police FO Yannick Danio : « C’est évidemment plutôt positif, ça apporte un peu de modernité à cette vieille maison. Mais il faut voir quelle communication va suivre. Quelle va être la réactivité de la police ? Les internautes auront-ils les réponses à leurs questions ? »
Son confrère secrétaire administratif du syndicat Alliance police Denis Jacob, mécontent que les syndicats n’aient pas été informés de ces annonces, est plus sceptique encore : « Si cela permet au public de mieux connaître nos missions et nos métiers, tant mieux, mais c’est tout de même un peu fort que la police, qui rappelle régulièrement à l’ordre les policiers sur leur comportement sur ces mêmes réseaux sociaux, ouvre une page Facebook sans sembler savoir la gérer. » Preuve de mauvaise gestion selon lui, ces messages d’internautes qu’il lit sur la page, et qu’il voudrait voir modérés : « La police sert trop souvent à protéger les criminels au sommet de l’Etat » ou encore « Arrêtez d’être soumis aux ordres d’une administration malfaisante ». 
« Ce n’est pas sérieux. C’est bien de vouloir communiquer, mais il faudrait en avoir la capacité », résume-t-il. Pour Denis Jacob, « le ministère veut reprendre la main sur la communication ». Il rappelle les récentes déclarations du ministre selon lesquelles il ne veut plus que les syndicats aient le « monopole » de la communication sur « les affaires médiatisées », et la mention du nouveau code de déontologie selon laquelle « la liberté syndicale » (…) « ne soustrait pas (le policier) à son devoir de réserve. »
Si la DGPN a assuré qu’il « n’y aurait pas de censure » tout en veillant au respect de chacun, elle n’a prévu pour l’instant qu’un seul community manager. « Il ne va pas s’ennuyer » s’amusent plusieurs policiers. Le compte Twitter de la police nationale, @PNationale, a quant à lui d’ores et déjà été parodié.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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