Au secours, les paradis fiscaux prolifèrent !

Siné mensuel N°16 – Janvier 2013 – Ian Hamel
Notre planète compte quatre-vingt-dix paradis fiscaux, du plus sophistiqué comme la Suisse, au plus crade comme Barbuda.
lexil-fiscal-donneurs-lecons-L-aWcF5e-175x130Dites une chiffre en milliards de dollars ! Le forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales, qui dépend de l’OCDE, estime que 30 000 milliards de dollars sont planqués dans les paradis fiscaux. Et les paradis fiscaux, contrairement à ce qu’à pu prétendre Nicolas Sarkozy en 2010, non seulement ce n’est pas fini, mais leur nombre augmente.

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La France, quant à elle, n’a pas de paradis fiscaux en dehors de Monaco ou de l’Andorre, qui restent malgré tout de petites structures. Monaco c’est que 120 milliards d’euros planqués. L’estimation la plus sérieuse, c’est qu’il y aurait autour de 500 000 comptes en Suisse appartenant à des particuliers ou à des sociétés françaises. Mais il n’ y a pas de chiffres rigoureux sur les montants. Des pays comme le Ghana ou la Jamaïque aspirent à rejoindre le club, pas fermé du tout, de ce que l’on appelle pudiquement des « centres financiers internationaux ». Quatre-vingt-dix sites de non-droit, joyeusement opaques, et qui oublient de répondre aux commissions rogatoires internationales.
Dans les films policiers, on voit des braqueurs arriver avec des sacs de fric et les déposer dans une banque à Genève sans que le guichetier ne pose de questions. Mais dans les faits, il n’y a pas que les voyous qui utilisent les trous noirs de la finance. « Des pans entiers de l’économie, comme les compagnies aériennes, passent presque systématiquement par des paradis fiscaux », reconnait l’ancien ministre français François d’Aubert, président du groupe d’évaluation du forum fiscal mondial. Et les îles de la Caraïbe « abritent 1 800 milliards de dollars de bénéfices appartenant à des multinationales américaines et non rapatriés aux États-Unis », ajoute cet élu atypique qui a dénoncé en 1993 le scandale du Crédit Lyonnais dans un pavé de 600 pages intitulé L’Argent sale.
1872_paradis_fiEn clair, on tape sur des petits pays comme la Suisse et le Luxembourg alors que les plus gros blanchisseurs sont les États-Unis, (où l’on peut créer une banque en 24 heures dans l’État du Wyoming) et la Chine, via Hong Kong, Macao et Singapour. « Les Îles Vierges britanniques, 20 000 habitants et 150 km2 de superficie, sont le deuxième pays d’accueil de l’argent chinois ! », commente encore François d’Aubert.
La palme du paradis fiscal le plus dégueu reviendrait à l’ile de Barbuda, dont la capitale, Codringron, compterait un millier d’âmes. Les banquiers » de cette île des Antilles ne planquent pas les documents bancaires, ils laissent les rats s’en régaler. le pire, c’est que c’est vrai…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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