Nettoyage à sec – Solvant perchloroéthylène : à partir du 01/09/2014, les machines au perchlo âgées de plus de 15 ans seront prohibées et totalement interdites dans les pressings d’ici 2022

La Nouvelle République 10/01/2013

Tours – Grande lessive annoncée dans les pressings

Le gouvernement veut bannir le perchloroéthylène des pressings, d’ici 2022. Dans l’agglomération de Tours, la réglementation met sous pression une trentaine de boutiques.

PRESSING

Christian Nobilleau (à g.) et Claude Brunet, devant une machine qui fonctionne en circuit fermé pour ne pas dégager d’émanations de perchloroéthylène. – (Photo NR, Patrice Deschamps)
Le perchloroéthylène, un solvant utilisé dans la grande majorité des pressings français, est dans le collimateur des services de l’État. Au début du mois de décembre, la ministre de l’Environnement du Logement Cécile Duflot a signé un arrêté pour interdire, à compter du 1er mars 2013, l’installation de nouvelles machines de nettoyage à sec qui utilisent ce produit chimique. Et à partir du 1er septembre 2014, les machines au perchlo âgées de plus de 15 ans seront prohibées. Enfin, le 1er janvier 2022, l’usage de ce solvant sera totalement interdit dans les pressings.
Aujourd’hui, dans l’agglomération tourangelle, une bonne trentaine d’entreprises l’utilisent. Pour autant, les professionnels concernés insistent sur les efforts déjà fournis depuis plusieurs années en matière d’hygiène et de sécurité. Christian Nobilleau (pressing Saint-Martin, rue des Déportés), ouvre ainsi volontiers le capot de sa machine de conception allemande, un outil récent géré par une console informatique et qui fonctionne en circuit fermé.
 Déjà beaucoup d’efforts en matière de sécurité
« J’ai investi 40.000 €, en comptant le système mécanique d’extraction et de filtration de l’air du magasin, qui est obligatoire, explique-t-il. L’entretien et les contrôles coûtent 2000 € par an. » D’autre part, comme tous ses confrères, il a dû suivre une formation initiale et obligatoire de cinq jours (valable cinq ans) pour apprendre à faire fonctionner correctement le système, qui sera suivie de remises à niveau. Ce qui n’est évidemment pas gratuit !
C’est le prix à payer, en rognant sur les marges, pour garantir une sécurité que le commerçant juge optimale. « Notre secteur d’activité est très surveillé, insiste-t-il. La direction régionale de l’environnement, la médecine et l’inspection du travail procèdent à des contrôles réguliers. »
Son confrère Claude Brunet (Pressing de l’Éclat, rue du Maréchal-Foch) affirme pour sa part « n’avoir jamais eu le moindre problème de santé lié au perchloroéthylène en 37 années d’activité ». Les deux hommes veulent aussi rassurer leurs clients : « Le perchlo est très volatil, plus lourd que l’eau mais plus léger que l’air. Nos procédés sont fiables, il ne reste pas de solvant dans les vêtements. »
C’est, surtout, un produit très efficace, en particulier pour traiter les taches grasses. En plus de cinquante ans d’utilisation, cette technique a eu le temps de faire ses preuves !
Reste que le perchloroéthylène est aussi considéré, selon certaines études, comme un « cancérigène probable ». Et qu’ils le veuillent ou non, les pressings vont devoir s’adapter à la nouvelle réglementation. « Tous les acteurs concernés, fabricants de machines et organismes professionnels, travaillent ensemble sur le sujet, pour trouver une solution alternative fiable », explique Christian Nobilleau. A ce jour, il n’existe pas de solution miracle… et peu de recul pour certains produits, décrits comme « écolos » aujourd’hui mais qui le seront, peut-être, moins demain.
Autre problème : le prix. Quelle que soit la solution retenues, il faut débourser entre 30.000 € et 50.000 € pour s’équiper d’une machine conforme à la réglementation. Beaucoup d’entreprises n’en ont pas les moyens et risquent de disparaître.
Un produit jugé dangereux
En France, deux décès ont été officiellement imputés au perchloroéthylène depuis 1994. Ce solvant est suspecté d’être cancérigène. Selon la caisse nationale de l’assurance-maladie des travailleurs salariés, il peut provoquer des maladies professionnelles : « hyperexcitabilité cardiaque disparaissant hors exposition, affections cutanées, irritations, encéphalopathie. »
De son côté, l’Institut national de recherches et de sécurité explique avoir mis en évidence, lors de mesures effectuées dans un établissement de nettoyage à sec qui utilise le perchloroéthylène « la formation de sous-produits organiques très toxiques, principalement du phosgène, à des niveaux d’exposition préoccupants. » Le phosgène, détaille l’INRS, « est un gaz très toxique par inhalation, provoquant des effets pulmonaires sévères, même à des concentrations très faibles ». L’Institut a demandé « de supprimer l’utilisation du perchloroéthylène, ou d’en limiter les émissions à la source ».
Christophe Gendry
Indre-et-Loire –  

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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