Algérie : l’assaut final …

Rue 89 19/01/2013 Blandine Grosjean | Redchef adj

In Amenas : les sept derniers otages tués dans l’assaut final

Après quarante heures d’assaut, les forces spéciales algériennes ont donné l’assaut final. Les terroristes ont exécuté les otages qu’ils retenaient encore.
L’assaut final dans l’usine gazière d’In Amenas a été donné ce samedi matin par les forces de sécurité algériennes, selon plusieurs sources officielles. Les onze terroristes encore présents ont été abattus. Auparavant, ils avaient assassiné les sept otages restants.
Selon le site du quotidien algérien El Watan, citant des sources officielles : « Les terroristes avaient tenté durant la soirée du vendredi de saboter les installations en mettant le feu. Mais, l’incendie qui s’est déclaré dans l’une des canalisation a été vite maîtrisé.
Dans la matinée de ce samedi, les terroristes ayant perdus tout espoir de quitter les lieux avec les sept derniers otages, ont commencé à exécuter certains d’entre eux, poussant les forces spéciales de l’ANP [Armée nationale populaire, ndlr] à intervenir. En fait, les terroristes se préparaient à un acte suicidaire collectif. L’intervention des éléments de l’ANP a permis leur neutralisation. Malheureusement les otages étaient déjà exécutés. »
Depuis le début de l’intervention de l’armée algérienne jeudi et avant l’assaut final, douze otages et dix-huit terroristes avaient déjà été tués selon l’agence de presse officielle algérienne.
L’Algérie, fidèle à sa ligne, a choisi de ne pas négocier dans l’une des plus grandes prises d’otages de l’histoire. Et de ne pas communiquer. Ce samedi matin, aucun bilan officiel du nombre et des nationalités des victimes n’a encore été rendu public par les autorités du pays.
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a confirmé vendredi soir qu’il y avait un Français parmi les otages victimes, Yann Desjeux, restaurateur à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), ajoutant que trois français ont eu la vie sauve. Le ministre de la Défense français a précisé ce samedi qu’il n’y avait plus aucun Français parmi les otages encore retenus.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a dénoncé vendredi soir une attaque « haineuse » et condamné « dans les termes les plus fermes, l’attaque terroriste contre le site d’In Amenas ».
Plus de 40 victimes selon Reuters, 50 selon les ravisseurs, chiffre inconnu selon Alger
Jeudi soir à 20 heures le ministre de la Communication algérien avait déjà annoncé la fin de l’assaut, lancé en début d’après-midi par les forces spéciales. Il a évoqué « plusieurs morts » parmi les otages et les ravisseurs, ajoutant :
« Il n’y aura ni négociation, ni chantage, ni répit dans la lutte antiterroriste. »
Son lapsus restera dans les mémoires : « L’opération a permis de neutraliser un grand nombre d’otages, euh, de terroristes. »
L’agence Reuters donnait elle, à 22 heures jeudi, le chiffre de 30 morts parmi les otages (dont un Français), et onze parmi les ravisseurs (dont un Français), citant une source de la sécurité algérienne. Vendredi matin, TSA-Algerie.com annonçait le même bilan.
La Norvège, le Japon et la Grande-Bretagne sont particulièrement inquiets du sort de ses ressortissants. Les ambassadeurs de ces pays étaient reçus ce vendredi après-midi à Alger, de même que ceux d’Autriche, du Canada et des Etats-Unis.
Vendredi, en fin de matinée, les autorités algérienne ont indiqué qu’au total 650 otages, dont 573 Algériens et « plus de la moitié des 132 otages étrangers » avaient été libérés au cours des deux jours. Aucune information en revanche sur le nombre d’étrangers tués, ni leur nationalités. Aucune information non plus sur le nombre d’otages qui seraient encore détenus par les terroristes au sein de l’usine gazière. Dix-huit terroristes ont été tués jeudi selon les autorités militaires algériens.
« Abusés par l’officine médiatique des djihadistes »
Une source gouvernementale algérienne a déclaré en milieu d’après-midi au site algérien TSA : « Les médias occidentaux et certains journaux algériens se sont laissés abuser par l’officine médiatique des djihadistes (ANI). Le nombre d’étrangers décédés est très très en deçà des chiffres fantaisistes qui défilent sur les bandeaux des chaînes de télévision. »
Mais cette source n’a donné aucun bilan.
Un porte-parole de la Katiba des « Signataires par le sang », le groupe islamiste de Mokhtar Belmokhtar, joint dans la nuit par l’agence mauritanienne ANI, avait déclaré que l’opération avait fait une cinquantaine de morts, 34 otages et quinze ravisseurs.
Valls : « Pas d’information sur la présence d’un terroriste français »
« Il y avait très peu de Français », sur le site gazier, et au moins « deux d’entre eux sont revenus », a déclaré Manuel Valls sur RTL ce vendredi matin. Le ministre de l’Intérieur a dit ne pas avoir d’information sur la présence dans le commando djihadiste d’un ressortissant français.
L’agence ANI, qui tient ses informations des ravisseurs, ne parle pas de ressortissant français, mais évoque la présence d’un Canadien. Elle confirme la mort du chef du commando, Abou al-Baraa ainsi que celle du chef des « Fils du Sahara pour la justice islamique » Lamine Boucheneb, alias Taher.
Pas de bilan officiel, opération pas terminée
Ni l’Algérie ni les capitales étrangères n’ont confirmé ce bilan. Toutes les informations relayées par des agences étrangères sont à prendre au conditionnel.
Si cette intervention et son bilan lourd sont avérés, ce sera la confirmation de cette politique de fermeté absolue d’Alger, y compris au prix de la vie des otages. Une décision prise unilatéralement par Alger, qui en fait une question de souveraineté non négociable.
Le gouvernement algérien a justifié le recours à la force en expliquant que les autorités avaient d’abord cherché une solution pacifique mais que les islamistes, venus de la Libye voisine, « lourdement armés », voulaient « quitter l’Algérie en emportant avec eux les otages étrangers » pour s’en servir comme « carte de chantage ».
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