Au Pakistan, un édifice démocratique très friable

Les mélodrames politiques se suivent et se ressemblent au Pakistan. Sept mois après l’éviction du premier ministre Youssouf Raza Gilani, son successeur, Raja Pervez Ashraf, est à son tour sur la sellette.
Mardi, la Cour suprême a ordonné l’arrestation du chef du gouvernement, aux côtés de quinze autres personnes, pour une affaire de contrats énergétiques illégaux. Cette nouvelle crise s’inscrit dans un contexte troublé : flanqué de plusieurs milliers de personnes, Tahir Ul-Qadri, un influent chef religieux, a décidé de sonner la charge contre le gouvernement jusque dans les rues de la capitale, Islamabad.
Objectif : dénoncer la corruption des autorités. A cette aune, la décision de la Cour suprême apparaît comme une victoire. Pour les partisans du Parti du peuple pakistanais (PPP, au pouvoir), elle témoigne d’une étroite collusion entre Tahir Ul-Qadri, la justice et l’armée, explique le LA Times. Les théories du complot abondent d’ailleurs, alimentées par le silence des militaires ; mutisme jugé d’autant plus douteux que le pays est habitué aux pronunciamientos depuis sa création, en 1947.
Le processus démocratique, encore dans les limbes, est-il menacé de déraillement ?. Alors que des élections législatives doivent se tenir au printemps, cette crainte est palpable. Même si les observateurs se veulent rassurants, pointent le CS Monitor et la BBC.
Pour The News, l’heure doit être au consensus national, et non aux échanges acides. Et Dawn de conclure, en écho : « tous les partis doivent se focaliser sur l’essentiel : la préservation du système (…) Pour le gouvernement, cela implique de ne pas céder à des exigences inconstitutionnelles ; pour tous les autres, de ne pas en formuler ».
Le Monde 17/01/2013

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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