Nelson Mandela a été libéré, euh non, Florence Cassez : « Ce n’est pas une otage » …?

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Rue 89 Edito 26/01/2013 Blandine Grosjean | Redchef adj

Ce n’est pas absurde ni déprimant que la France ait déroulé le tapis rouge pour Florence Cassez. C’est écœurant.

Florence Cassez est télégénique. Florence Cassez est LA cause du moment d’un microcosme parisien qui l’utilise politiquement. Elle incarne depuis des années pour de nombreux(ses) journalistes l’héroïne « so frenchy », tombée par amour pour un voyou. Certes, elle a été victime d’une manipulation médiatique la mise en scène reconstituée de son arrestation –, mais celle-ci a occulté tout le reste du dossier.
Florence Cassez n’est cependant pas une otage, ni une militante des droits de l’homme ou des femmes, ni une volontaire d’ONG. Elle n’est surtout pas une femme qui aurait souffert en ayant défendu une cause que l’on estime juste.
Coupable ou innocente – aucun journaliste français ne s’est encore coltiné, que je sache, les 14 000 pages du dossier –, si elle s’est retrouvée en prison, c’est parce qu’elle avait choisi de partager la vie d’une crapule, Israel Vallarta Cisneros, un des chefs du gang des Zodiacos, spécialisé dans la séquestrations contre rançons. Des otages dont la famille avait payé la rançon sont morts entre leurs mains. On n’est pas dans une telenovela.

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« Une détenue, pas une otage »
Nous avons échappé à un accueil sur le tarmac par le chef de l’Etat, qui a attendu le lendemain pour la recevoir. « Il s’agit d’une détenue, pas d’une otage », se sont défendus des conseillers de Hollande, face à des journalistes au bord de leur reprocher une faute politique.
La nuance a échappé aux rédacteurs ou rédactrices en chef qui ont dépêché leurs journalistes à l’aéroport. Sans oublier ceux envoyés à Mexico pour suivre le procès et sa diffusion à la prison de Florence – en direct, on disait « Florence » –, ceux qui ont rendu compte des larmes de sa mère à Paris et de la joie des people du comité de soutien. Si vous n’avez pas tout suivi, le site officiel de ce dernier tient une revue de presse quasiment en direct.
C’est donc Laurent Fabius qui s’est montré aux JT de 20 heures et sur les télés d’infos en continu, avec tant de bonne volonté qu’on aurait pu croire qu’il était le héros, et Cassez la ministre des Affaires étrangères. En France, donc, cela fait partie des attributions d’un ministre des Affaires étrangères (en guerre) de recevoir les détenus de droit commun libérés à l’étranger.
Certains ont pu croire que c’est par décence que François Hollande n’a pas souhaité apparaître immédiatement sur les écrans. Ses conseillers, ai-je pensé, ont envisagé que la séquence ne supporterait pas la comparaison avec celles orchestrées par ses prédécesseur.
Les images sont encore fraîches : en 2008, Nicolas Sarkozy serrant dans ses bras Ingrid Betancourt, notre dernière otage madone télégénique ; avant elle, notre consœur Florence Aubenas serrée dans ses bras par Jacques Chirac.
La différence, elle a dû échapper à de nombreux téléspectateurs-lecteurs-auditeurs mal informés, c’est que ces deux femmes avaient été enlevées en faisant leur boulot, politicienne pour l’une, journaliste pour l’autre.
Si elle est coupable, elle a payé
Qu’on s’entende bien : je me réjouis que cette jeune femme soit en liberté. Si elle est innocente, c’est une grande victoire contre l’erreur judiciaire, la plus violente des injustices. Si elle est coupable de quelque chose, elle a payé : sept ans de détention, un tarif bienveillant en France pour complicité de crime crapuleux.
Quoi qu’elle en dise et répète, sans qu’aucun journaliste n’ait l’envie de gâcher la fête en la contredisant, Florence Cassez a été libérée pour des fautes de procédure, elle n’a pas – encore – été innocentée.

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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