Le tarif des autoroutes augmente de 2,1% !

France Info – 01/02/13 – Jean-Rémy Macchia / Clara Beaudoux
Les péages autoroutiers augmentent en moyenne de 2,1% vendredi. Comme chaque année, les société d’autoroutes justifient cette hausse par les investissements de modernisation ou d’entretien. Les associations dénoncent une hausse « inacceptable », voire les « dérives » du système autoroutier.
« On n’accepterait pas d’un autre produit qu’il augmente autant, pourquoi doit-on l’accepter sur les autoroutes ? » Pierre Chasserey

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Chaque année, le 1er février marque la hausse des péages autoroutiers. Cette année, la fourchette va de +1,71% à +2,29%.
PEAGE_AUTOROUTECela va augmenter le prix de tous vos trajets. Cent kilomètres d’autoroute (pour une voiture) coûtent désormais entre 7,40 € et 14,40 €. Ces hausses agacent, voire scandalisent. Car, pendant ce temps, les sociétés d’autoroutes (privatisées depuis 2005-2006) font de plus en plus de profit : vraisemblablement plus de deux milliards d’euros, pour 2012. Un chiffre en constante augmentation, depuis leur privatisation. Les gains des autoroutes « Paris-Rhin-Rhône » ont plus que doublé, en 6 ans ! Réalité d’autant plus choquante que, souvenez-vous, pendant des années, l’État avait affirmé que, une fois remboursés les investissements qui avaient été faits pour leur construction, les autoroutes deviendraient gratuites ! Ça n’a pas été le cas, aujourd’hui les péages sont maintenus et revus à la hausse chaque année.
Ceci étant, il faut savoir que l’État n’a pas le choix de supprimer ces augmentations, ni même de les modérer. Car le principe du péage (ainsi que son mode de calcul) sont fixés par un accord entre l’État et les sociétés d’autoroute. Il n’est pas négociable, d’année en année ! Les pouvoirs public n’ont donc plus aujourd’hui la possibilité de stopper ces hausses ni même de les réduire.
Pourquoi de telles hausses, supérieures à l’inflation ?
Lorsque les autoroutes ont été privatisées, le montant de leur acquisition (elles ont été cédées pour 30 ans, en moyenne, par l’État) a été calculé en fonction de la dette qu’allaient contracter les investisseurs, pour l’achat de ces concessions d’exploitation.
Cela, afin que cette dette puisse être remboursée, au terme de ces 30 années d’exploitation « privée ». Autrement dit, d’ici 15-20 ans, lorsque les détenteurs privés des sociétés d’autoroute verront leur droit d’exploitation cesser, il faudra que la dette soit complètement remboursée. D’où l’obligation, pendant ces années de fonctionnement privé, de dégager des bénéfices, pour rembourser, progressivement, la dette initiale, contractée lors de l’achat. Une raison « techniquement » très bonne.
nm-photo-284271Mais c’est tout de même agaçant de constater que, depuis leur privatisation, en 2005-2006, les recettes des sociétés d’autoroute ont augmenté quatre à 40 fois plus que leurs charges et que leurs bénéfices augmentent de façon considérable ! Réalité d’ailleurs plusieurs fois épinglée à plusieurs  reprises par la Cour des Comptes. Les sociétés d’autoroutes se livrent à ce que l’on appelle « le foisonnement ». C’est-à-dire qu’elles se livrent à des augmentations plus importantes sur les tronçons qui reçoivent le pus de trafic et des augmentations plus faibles sur les itinéraires les moins fréquentés.

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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