Produits bio et commerce équitable : les citoyens devancent les politiques

 Bio-contact magazine – février 2013 – Edito de Jean-Pierre Camo
152d3318e4f913a25050a3b0170fcd9aQu’il paraît loin  le temps des pionniers, de Charles-Henri Geoffroy, initiateur de La Vie Claire, à Raoul Lemaire, l’un des pères de l’agriculture bio…  Des voix bien courageuses et bien rares dans cette société d’après-guerre qui entamait sa course aveugle vers un productivisme débridé. La science allait tout résoudre, la nature s’y plierait !
Puis mai 68 est passé par là, porteur d’une vague contestataire de néoruraux, certes idéalistes mais précurseurs d’une nouvelle société. C’est à cette époque qu’eut lieu la première foire bio, dans les Deux-Sèvres (1969)n qu’est née l’Ifoam, la plus grande organisation internationale de la bio (1972), que la bio fit sa timide entrée au salon de l’Agriculture (1970) et que s’ouvrit le premier salon Marjolaine (1976).
Je me souviens, en 1982, de l’ouverture de Semailles, notre minuscule magasin bio à Montpellier. C’était déjà le dixième de la ville, alors tous de petite taille, qu’ils soient indépendants ou membres d’un réseau. A cette époque, les médias ignoraient totalement la bio et les questions environnementales en général. Quant aux supermarchés, ils ne s’y étaient pas encore intéressés. Cela restait une « niche » pour une clientèle motivée, très demandeuse d’informations alternatives en matière de santé. on pouvait véritablement parler de « réseau militant » souvent moqué : on ne nage pas impunément à contre-courant.
semaine-developpement-durablePuis, pollutions et scandales sanitaires aidant, les thèmes du respect de l’environnement et de la prise en charge de sa santé se diffusèrent lentement dans le grand public. En retard d’une guerre, les médias se mirent à aborder le sujet, créant inévitablement une mode : se dépouillant de son image baba-cool, la bio devenait tendance, les marques se mirent à rivaliser d’égopromesses (« ma santé »). Car c’est bien la santé qui fut un temps le moteur de l’engouement du public pour une alimentation saine.
Aujourd’hui, le vent a tourné. L’écologie, les produits durables, la consommation locale, les économies durable-comme-le-developpementd’énergie, le recyclage, le commerce équitable, tous ces thèmes sont passés dans les mœurs. La demande des produits bio explose (quoique il y ait encore de la marge), non plus seulement pour des raisons de santé mais aussi parce qu’elle offre une réponse pertinente à l’avenir de notre planète. Notre responsabilité en tant que consommateur – consom’acteur dirions-nous aujourd’hui – se dégage plus clairement.
C’est bon signe. nous sommes passés d’un militantisme marginal à une mode consumériste, puis aujourd’hui à une vraie lame de fond, fruit d’une prise de conscience sociétale. Car c’est bien la société qui est en avance dans ses aspirations par rapport aux pouvoirs politiques : il n’est que de prendre comme exemple les OGM, la fracturation hydraulique, le nucléaire ou même les vaccinations. Quant à eux, les grands médias, dépassés, tentent tardivement de reprendre le train en marche.

une-recente-etude-americaine-prouve-que-les-produits-bio-ne-sont-pas-meilleurs-pour-la-sante_940x705

Bio contact est diffusé gratuitement dans 2 200 magasins diététiques et biologiques

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Ecologie, Santé, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.