Pays de Loire Nantes – La Folle Journée : L’esprit « rock’n roll »

« La Folle Journée » de Nantes: le festival classique le plus « rock’n roll »
Loin des ambiances feutrées, presque religieuses des grands rendez-vous de musique classique, c’est un esprit plus « rock’n roll » qui habite « La Folle Journée » de Nantes, festival désormais incontournable qui mêle, au rythme effréné de plus de 300 concerts en cinq jours, public néophyte, mélomanes avertis, divas et débutants prometteurs.

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Le public du studio Baudelaire lors d’un spectacle du festival « La Folle Journée » à Nantes, le 1er février 2013AFP – Frank Perry
« Ce n’est pas aussi religieux que d’habitude mais c’est bien, ça rend la musique plus accessible à tout le monde », estime la soprano Véronique Gens, qui vient de rendre vie, avec la pianiste Susan Manoff, à des oeuvres de Gabriel Fauré, Henri Duparc et Reynaldo Hahn.
En fait de loge, ces artistes habituées à être « chouchoutées », ont droit à un réduit empli de cintres, et pour Susan Manoff, « cinq minutes » seulement pour apprivoiser le piano.
Comme les spectacles se succèdent rapidement, « on attend avec le public pour entrer dans la salle que le concert d’avant soit fini, c’est sympa, on ne met pas la musique sur un piédestal, il n’ y a pas ce côté salamalec qu’il y a d’habitude », ajoute Mme Gens.
Dans un couloir, au milieu du brouhaha des longues files d’attente des amateurs munis de leurs billets ou de programmes qu’ils compulsent fébrilement, une élégante femme en longue robe fleurie blanche et rose, tout droit sortie d’un roman de Maupassant, accorde une harpe.
Peut-être jouera-t-elle du Maurice Ravel – beaucoup de versions du « Bolero » il est vrai, cette année – ou du Georges Bizet – forte représentation des « Carmen » également -…
Baskets et jean côtoient les tailleurs brodés, écharpes blanches ou talons hauts des mélomanes avertis qui se sont mis sur leur 31 pour voir un ou une soliste réputés. Certains viennent là pour la première fois ou ne viennent écouter du classique qu’une fois par an, à l’occasion de La Folle journée, devenue un rituel, pour les habitués mais aussi pour les milieux mélomanes.
Groupe d’amis, familles entières, petits enfants et grands-parents se côtoient, passionnés, accoudés, emportés par les voix mélodieuses des virtuoses britanniques du choeur a cappella Voces 8, sur la rambarde de la grande halle de la Cité des Congrès qui accueille cette grand messe.
« On aime, c’est tout »
« On n’est pas des connaisseurs, on reconnaît pas toutes les oeuvres. On aime, c’est tout », explique une Nantaise, venue avec son mari et plusieurs couples d’amis.
De l’auditorium de 1.900 places à la minuscule salle de 80 places, les scènes mêlent les genres. Des pointures comme la grande pianiste Anne Quéffelec ou sa consoeur Claire Desert, acceptent même de jouer de délicates oeuvres de Debussy dans de petits théâtres circulaires de bois et velours d’à peine une centaine de places, qui s’avèrent bien trop perméables aux klaxons et autres sirènes de la rue.
Entre chaque concert, des centaines de musiciens se hâtent, autant qu’ils le peuvent ,compte-tenu de l’encombrement de leur instrument, un exercice périlleux pour les joueurs de contrebasse, harpe, grosse caisse et autres tambours d’orchestre.
Dans cette atmosphère surchauffée, un « médecin » des instruments a été prévu: un luthier et son atelier sont en permanence à la disposition des musiciens.
Vedette particulière, cette année, Espagne oblige, la guitare, présente dans 60 concerts: « Je pense que ça va être une vraie réhabilitation de la guitare », espère le fondateur de La Folle Journée, René Martin, qui, de l’autre main, organise aussi le festival de piano classique, très select, de la Roque d’Anthéron (Bouches-du-Rhône).
Comme en écho, sur la scène de la salle Proust, l’un des plus grands guitaristes de flamenco, Juan Manuel Canizares, vedette omniprésente de cette édition, entame le célèbre « Concerto d’Aranjuez » de Joaquin Rodrigo, en symbiose avec l’orchestre polonais Sinfonia Varsovia.
 TV5MONDE NANTES (AFP) – 01.02.2013 – Par Alexandra TURCAT©  AFP

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